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29/06/2016

Hollande affirme que la gauche européenne ne fera aucune concession à la Turquie

Politique

Hollande affirme que la gauche européenne ne fera aucune concession à la Turquie

Summit of Europe's socialist leaders, Paris.

Présidence de la République - M. Etchegoyen

A l’issue d’une réunion avec les dirigeants sociaux-démocrates européens, François Hollande a appelé à une meilleure protection des frontières extérieures afin de permettre la réouverture des frontières intérieures de l’UE.

Le président François Hollande a reçu 17 dirigeants sociaux-démocrates le 12 mars à Paris en amont d’un nouveau sommet européen consacré à la crise des réfugiés, qui se tiendra les 17 et 18 mars à Bruxelles.

Le premier ministre Grec, Alexis Tsipras, dont le pays est en première ligne de la crise migratoire, a également participé à ce mini-sommet, une première pour le dirigeant de Syriza, issue de la gauche radicale.

Tsipras et la gauche européenne attendus à l'Elysée

La gauche européenne se retrouve samedi 12 mars à Paris, autour de François Hollande, pour un rassemblement préparé de longue date.

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« Alexis Tsipras était parmi nous », a confirmé le président François Hollande. « J’ai souhaité que cette réunion des sociaux-démocrates puisse être élargie à d’autres et Tsipras  a été invité et a répondu présent, car il se considère comme un membre de cette famille de la gauche européenne » a-t-il poursuivi.

Très critique des positions adoptées par la France, notamment en matière sociale, le dirigeant grec a cependant gardé une certaine distance vis-à-vis de cette réunion de la gauche européenne. En effet le programme de l’Élysée indique que la Grèce participe à la réunion en tant que « pays observateur », et non comme « participant ».

Position intenable de la Grèce

Au-delà des appartenances politiques, la présence de Tsipras à ce sommet de préparation s’explique surtout par la position intenable dans laquelle son pays se trouve depuis la fermeture des frontières de plusieurs Etats limitrophes.

Principal point d’accès des réfugiés tentant de rallier l’Europe, la Grèce se retrouve avec des dizaines de milliers de réfugiés bloqués sur son territoire.

Et la situation ne devrait pas aller en s’arrangeant, puisqu’entre 50.000 et 70.000 personnes devraient être bloquées sur le territoire grec d’ici fin mars, a estimé le ministre grec de la Politique migratoire, Yiannis Mouzalas.

« Nous devons mettre en œuvre le plan de répartition des réfugiés » a appelé le président François Hollande à l’issue de la réunion, rappelant que la France s’était engagée à accueillir 30 000 réfugiés en deux ans sur le plan de répartition de 160 000 demandeurs d’asile proposé par la Commission.

« S’il y a une protection des frontières extérieures, nous éviterons le rétablissement des frontières intérieures », a-t-il expliqué. « C’est cette position que nous défendrons lors du prochain Conseil européen ».

Accord avec la Turquie

Le président français a également affirmé que la position des sociaux-démocrates serait d’aller « dans le sens de ce qui a déjà été engagé avec la Turquie ».

Échec des négociations pour le sommet UE-Turquie

Le sommet UE-Turquie s’est conclu ce matin (8 mars) sur un échec. Les chefs d’État et de gouvernement ont en effet refusé l’accord qu’Angela Merkel a tenté d’imposer.

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Lors d’un sommet le 8 mars, Bruxelles et Ankara ont avancé vers un compromis, très critiqué, permettant de renvoyer vers la Turquie des migrants illégaux arrivant sur les îles grècques, en échange de contreparties, dont la finalisation du processus de libéralisation des visas avec Ankara.

« Il ne doit y avoir aucune concession en matière de droit de l’Homme, ou sur les critères valables pour la libéralisation de visas » a prévenu  le président français, expliquant que cet accord pouvait même être « un facteur de clarification et de transparence dans les rapports entre l’UE et la Turquie ».

Contexte

Jusqu’alors, les pré-conseils rassemblaient socialistes, démocrates, et la SPD de Martin Schulz et Sigmar Gabriel. L’arrivée du parti souvent classé du côté de la gauche radicale sur l’échiquier peut donc surprendre.

« Tsipras, c’est Mélenchon », assurait il y a un an un ministre du gouvernement de Manuel Valls. Mais les choses ont bien changé. La France a tissé une relation spéciale avec le dirigeant grec, notamment l’été dernier durant les tentatives de résolution de la crise grecque.

Un épisode, notamment, a soudé les deux parties. Le président français est en effet parvenu à renouer le contact au petit matin du week-end du 14 juillet avec le Premier ministre grec qui était prêt à lâcher l’affaire. Depuis, les relations sont plus sereines.

Le Premier ministre grec a également accordé ses violons avec Gianni Pitella, numéro un des socialistes au Parlement européen.

>>Le roadshow d’Alexei Tsipras peine à faire bouger Paris et Berlin

Prochaines étapes

  • 17 et 18 mars: sommet européen sur la crise migratoire - Bruxelles