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08/12/2016

Hollande entame une tournée pour relancer l’Europe de la défense

Politique

Hollande entame une tournée pour relancer l’Europe de la défense

Francois Hollande EUCO

Le président François Hollande se rend cette semaine au Portugal et en Irlande afin de poser les jalons d’une relance de l’UE, notamment en matière de sécurité et de défense, après l’attentat de Nice.

La tournée européenne de François Hollande passera par le Portugal et l’Irlande, alors que plusieurs étapes annoncées par le président français ont été reportées en raison des attentats de Nice.

Le chef de l’État devait initialement se rendre dans trois autres capitales : Vienne, Prague, Bratislava. Mais après l’attentat au camion qui a fait 84 victimes à Nice, ces visites officielles ont été reportées à la rentrée.

>>Lire: L’Europe sous le choc de l’attentat de Nice

« Les visites à Lisbonne mardi puis à Dublin jeudi sont maintenant des visites de travail pour préparer le sommet de Bratislava en septembre sur l’avenir de l’Europe, et non plus des visites officielles comme c’était initialement prévu » explique-t-on du côté de l’Élysée.

Question de la solidarité de l’UE en matière de défense

Les deux visites du président Hollande vont s’articuler autour de la question de la solidarité européenne en matière de défense, un sujet de longue date habituellement bloqué par Londres.

>>Lire : Paris et Berlin veulent relancer l’Europe de la défense après le Brexit

Dans la perspective du sommet de Bratislava de septembre, qui doit trouver de nouvelle pistes pour relancer l’UE après le choc du Brexit, le président français va « particulièrement insister sur les aspects de sécurité et de défense » lors de ces deux visites, explique son entourage.

Au Portugal, François Hollande va s’entretenir avec le président Marcelo Rebelo de Sousa ainsi qu’avec le le Premier ministre Antonio Costa.

« Mais ces discussions vont se poursuivre tout l’été » confirme l’entourage du président. L’objectif de Paris est de relancer le débat sur l’Europe en amont de Bratislava. «  Le sommet de septembre ne marquera pas la fin des discussions sur le sujet ».

Les attentats répétés en France et les critiques multiples dont le gouvernement français fait l’objet sur sa gestion de la lutte antiterroriste ont poussé le sujet de la relance de la défense européenne en haut de l’agenda.

>>Lire : L’opposition réclame à Hollande un nouveau cap pour l’Europe

Le vote britannique en faveur du Brexit a également donné davantage de latitude à une possible relance, Londres faisant figure depuis des années de principal opposant à ce projet.

Enfin, l’Allemagne, qui avait toujours conservé un rôle neutre face au projet d’une Europe de la défense a commencé à se pencher sur la question, notamment avec la publication d’un livre blanc en la matière.

La veille de l’attentat de Nice, le président Hollande avait d‘ailleurs annoncé « une proposition pour renforcer l’Europe de la défense à l’initiative de la France », et en collaboration avec son partenaire allemand.

Côté français, les objectifs sont assez clairs en la matière. Paris souhaite en premier lieu davantage de coopération en matière de recherche, mais aussi des partenariat entre l’industrie européenne de la défense.

>>Lire : Jean-Claude Juncker veut une armée européenne

Autre axe de collaboration privilégié, « le renforcement des capacités des pays partenaires, notamment africains » souligne une source.

Un dossier sur lequel la rencontre avec le Portugal pourrait être fructueuse, en raison du passé colonial du pays et des liens forts conservés en Afrique. Lisbonne avait d’ailleurs déjà répondu à la demande d’assistance militaire de Paris après les attentats de novembre 2015.