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19/01/2017

Hollande rassure Merkel au sommet de Berlin après la défaite électorale du PS

Politique

Hollande rassure Merkel au sommet de Berlin après la défaite électorale du PS

François Holland et Angela Merkel lors du Conseil des ministres franco-allemand.

[Présidence de la République - C.Chavan]

Berlin et Paris ont promis de coopérer plus étroitement sur des sujets tels que la politique énergétique, le TTIP ou le développement de drones lors de leur rencontre gouvernementale le 31 mars à Berlin. Un article d’EurActiv Allemagne.

Au lendemain de la déroute électorale du Parti socialiste français aux élections départementales du 29 mars, le sommet franco-allemand qui s’est tenu à Berlin le 31 mars a été l’occasion pour le président François Hollande de réitérer son engagement à mener les réformes structurelles lancées en France auprès d’Angela Merkel.

Le président a assur qu’il maintiendrait « le cap » des réformes en France malgré la cinglante défaite subie par sa majorité, dont une partie réclame désormais un infléchissement à gauche.

« Le cap a été fixé et il sera tenu », a garanti le président français lors d’une conférence de presse avec la chancelière à l’issue du 17e Conseil des ministres franco-allemand.

Les deux pays ont également profité du sommet pour réaffirmer la solidité du couple franco-allemand. Depuis le début de l’année, l’Allemagne et la France « se sont rapprochées pour travailler ensemble sur plusieurs sujets », a souligné Angela Merkel lors de la conférence de presse, citant notamment la réaction des deux pays après le crash de l’avion de Germanwings qui a fait 150 morts, mais aussi  la réponse européenne suite aux attaques de Charlie Hebdo en janvier, qui a montré « comment nous faisions face aux défis de notre époque », a-t-elle rappelé

>> Lire : Quand la crise russe fortifie le couple franco-allemand

Hollande a quant à lui rajouté que l’amitié franco-allemande s’était « transformée en une fraternité franco-allemande ces dernières semaines ». En ces temps difficiles, « nos deux pays ne font qu’un », a-t-il assuré.

L’Allemagne et la France sont « deux grands pays, qui veulent jouer leur propre rôle sur la scène internationale », a poursuivi le président français. Berlin et Paris veulent « influencer l’Europe et le destin du monde » mais aussi « améliorer la vie de nos concitoyens ».

Grèce : « pas de temps à perdre »

Les responsables politiques des deux pays ont parlé de la crise grecque et du conflit ukrainien ainsi que des négociations nucléaires avec l’Iran. Principalement axée sur la politique de sécurité et de défense commune, la préparation du sommet européen de juin était aussi au programme.

Quant à la querelle qui les oppose à la Grèce au sujet du remboursement de la dette, la chancelière a insisté sur le fait qu’il n’y avait « pas de temps à perdre ». « Nous avons perdu trop de temps, qu’il faut désormais essayer de rattraper », a approuvé François Hollande. Au sujet du conflit en Ukraine, les deux parties ont appelé au maintien de l’accord de paix.

>> Lire : Hollande et Merkel portent leur plan de paix à Moscou et Kiev

Concernant l’Iran, nous espérons « arriver à un accord acceptable », a déclaré la chancelière. L’objectif pour l’Iran est « d’abandonner définitivement les armes nucléaires », a souligné François Hollande.

Nombreux accords

Pendant ce temps, les ministres des deux pays concluaient des accords sur la simplification de la reconnaissance mutuelle des diplômes de l’éducation supérieure et de l’imposition des retraités. Les deux parties se sont aussi accordées à promouvoir l’accord de libre-échange entre l’UE et les États-Unis (TTIP), à adopter une politique d’intégration commune, à lutter contre l’évasion fiscale et à renforcer les efforts pour une Union de l’énergie et un marché unique numérique.

La chancelière a mis l’accent sur l’économie numérique. Le sujet sera sous les feux de la rampe lors d’une grande conférence du numérique à Paris, à laquelle Angela Merkel et François Hollande assisteront.

Concernant la politique énergétique, les deux pays veulent travailler conjointement pour une « politique énergétique et climatique ambitieuse et efficace » dans l’UE. Les signataires des deux déclarations bilatérales étaient le ministre allemand de l’Économie, Sigmar Gabriel, et la ministre de l’Environnement, Barbara Hendricks et leurs homologues français, Emmanuel Macron et Ségolène Royal.

Nouvelle génération de drones européens

L’Italie, l’Allemagne et la France ont confirmé leur intention de coopérer pour développer une nouvelle génération de drones européens entre 2020 et 2025.Une fois qu’un accord technique sera signé, une première étude sera menée en 2015 pour établir les détails du système.

Pour la chancelière allemande, l’acceptation des drones est la conséquence des discussions que la ministre de la Défense, Ursula von der Leyel, a conduit avec le parlement ». François Hollande a également affirmé que le développement des drones « était une décision importante ».

Le président français a profité de cette occasion pour saluer la participation allemande au système français de satellites de surveillance, la Composante spatiale optique (CSO), qu’il a qualifié de « très belle coopération entre l’industrie et la politique ».

Contexte

Les conseils des ministres franco-allemands réunissent le président français et le chancelier fédéral et tous ou une partie des ministres français et allemands. Ces rencontres régulières montrent la relation étroite et de confiance qui existe entre Paris et Berlin.

Depuis la dernière réunion à Paris en février 2014, l'Allemagne et la France ont coopéré de manière plus intensive sur des problèmes épineux tels que la définition d'une politique économique et financière et une approche commune face au conflit ukrainien.