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23/01/2017

Hollande tance l’attitude de l’Europe centrale vis-à-vis des migrants

Politique

Hollande tance l’attitude de l’Europe centrale vis-à-vis des migrants

Echauffourées entre migrants et police en Hongrie. Bicske, 3 September. [Reuters]

Le système du volontariat n’a pas permis de dégager suffisamment de places pour les réfugiés en UE. Notamment en raison de la mauvaise volonté de certains pays, a pointé du doigt François Hollande.

François Hollande a précisé, lundi 7 septembre, la vision de la France sur la question des réfugiés, en appelant à une conférence internationale sur le sujet lors d’une conférence de presse de rentrée organisée à l’Elysée.

Sur les 120.000 personnes que la Commission européenne prévoit désormais de répartir entre les 28 pays d’UE, la France s’est engagée à en accueillir 24.000 sur les deux prochaines années. Le président de la République a également annoncé avoir proposé à l’Allemagne de prendre en charge, dans les prochaines semaines, 1000 réfugiés passés par la Hongrie et arrivés en Allemagne ces derniers jours.

Le président a aussi appelé à l’organisation d’une conférence internationale sur les réfugiés, qui pourrait se tenir à Paris.

Pourquoi les quotas sont nécessaires

S’expliquant sur les motifs de son changement de position par rapport aux quotas de réfugiés que la Commission voulait dès le mois de juin dernier mettre en place en Europe, le président a expliqué qu’on ne pouvait limiter l’accueil de réfugiés à des quotas puisqu’il s’agissait d’un droit, le droit d’asile. Il a aussi motivé ce changement de position par le manque de bonne volonté des autres partenaires européens. 

«Au Conseil européen, nous avons passé une partie de la nuit à discuter de ce sujet en juin, et le débat a porté sur le volontariat des pays, pour 40.000 réfugiés identifiés. Or seulement 35.000 réfugiés ont été accueillis. Alors on ne peut en rester là, s’il y a plus de réfugiés, il faut d’autres solutions » a expliqué le président.

Alors qu’une réunion est prévue le 14 septembre prochain sur la mise en place de ce nouveau système, le président français a prévenu que « le Conseil européen devrait être saisi si la Commission n’arrive pas à former un consensus » entre les différents pays.

Le président a aussi fustigé certains pays européens au travers de références suffisamment claires.

« Il y a des pays qui voudraient accueillir certains et pas d’autres au nom de critères ethniques ou de religion. Il y a des pays qui voudraient bâtir des murs » a évoqué le président, interrogé sur le cas de Viktor Orban qui estime que le changement d’attitude de l’UE risque d’attirer encore plus de migrants.

Slovaquie et Hongrie en ligne de mire

Ce faisant, le président évoquait les cas de la Slovaquie, dont les dirigeants ont estimé qu’ils acceptaient d’accueillir les réfugiés s’ils étaient chrétiens, comme le soulignait EurActiv.

>>Lire : L’UE choquée face au souhait de la Slovaquie de n’accueillir que des migrants chrétiens

Le président français ciblait également la Hongrie, qui a construit une barrière de barbelés sur sa frontière avec la Serbie.

Globalement, les pays d’Europe centrale se montrent peu enclins à accueillir des réfugiés.

>>Lire : La dérive raciste en Hongrie et en Pologne inquiète le Conseil de l’Europe

« Qu’est-ce que ces pays auraient pensé au moment de la chute du mur nous avions dit : ne venez pas, restez la ou vous êtes, attendez. Non nous leur avons dit : nous sommes dans le même ensemble, venez, venez en Europe » a rappelé le président.

Un discours qui doit toutefois désormais être confronté à la réalité. Ce qui sera le cas, le 14 septembre, lors d’un conseil justice et affaires intérieures extraordinaire qui réunira les ministres de l’intérieur de toute l’UE, à Luxembourg.

>>Lire : Levée de boucliers contre les migrants en Europe

Le président a par ailleurs annoncé que la France allait démarrer des vols de repérage en Syrie afin d’opérer des frappes contre Daesh.

Réactions

Sans politique d'ensemble, le mécanisme obligatoire et permanent de répartition des réfugiés entre pays européens proposé par la France et l'Allemagne "explosera" et ce sera sans doute "la fin de Schengen", a estimé lundi François Hollande.

"C'est un mécanisme nouveau qui doit maintenant être adopté par les pays européens et une politique d'ensemble. Et s'il n'y a pas cette politique d'ensemble, ce mécanisme ne fonctionnera pas, il explosera, et ce sera à ce moment-là un afflux considérable et sans doute la fin de Schengen, le retour aux frontières nationales. Et l'on pense qu'on pourra, avec les frontières nationales, faire la réponse attendue? Non. Nous avons besoin de l'Europe et l'Europe a besoin de solidarité et des responsabilité", a déclaré le président de la République lors de sa conférence de presse.