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02/12/2016

La Hongrie se prépare à attaquer l’UE après son référendum

Politique

La Hongrie se prépare à attaquer l’UE après son référendum

Viktor Orbán et Jean-Claude Juncker

[Commission européenne]

Un porte-parole du gouvernement hongrois, Zoltan Kovács, a déclaré à la presse que le référendum hongrois sur le quota des migrants le mois prochain exposera les faiblesses des méthodes de la Commission Juncker.

Lors d’une réunion de la représentation permanente de la Hongrie à Bruxelles, le 19 septembre, Zoltan Kovács s’est longuement exprimé sur les « succès » de Viktor Orbán dans le domaine économique en ce qui concerne la réduction du chômage et de l’endettement du pays.

Il a affirmé que l’objectif du gouvernement était de présenter « le point de vue de la population ». C’est particulièrement vrai pour ce qui concerne la migration et la politique d’asile. pour lesquelles le pouvoir n’a jamais été délégué, selon les traités.

Zoltan Kovács a également révélé que la formulation du référendum qui aura lieu le 2 octobre a été approuvée par la Cour constitutionnelle hongroise. Voici l’intitulé de la question : « Voulez-vous permettre à l’UE d’ordonner une relocalisation des citoyens qui ne sont pas Hongrois en Hongrie, sans l’approbation de l’Assemblée nationale ? »

« La réponse est évidente, même si certains cherchent à l’éviter. Comme la Commission et les autres institutions», a réagi Zoltan Kovacs.

« Des conséquences politiques et légales pour l’UE »

Le référendum « va avoir des conséquences politiques et légales. Le message [envoyé] sera inévitable, non seulement pour les parlement et gouvernement hongrois, mais aussi pour les institutions européennes », a déclaré le porte-parole.

« Il décidera, ou signera, la façon dont le gouvernement hongrois abordera le future de l’Europe, des institutions européennes, les décisions et les protocoles mis en place ces dernières années au cœur de l’Europe », a-t-il ajouté. « Ces questions devraient être revues et rediscutées ouvertement et les politiques de ces dernières années et le maintien de l’opacité des décisions, des législations et des régulations sont inacceptables. »

Après le référendum du Brexit, la Hongrie avait été proche de se joindre à la requête des autres pays de Visegrád pour que le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, démissionne.

>> Lire : La pression monte sur la Commission Juncker

Cependant, Zoltan Kovács n’a pas nommé directement le président de l’exécutif. D’après lui, le Brexit devrait être considéré comme une occasion pour renforcer l’UE avec des « États membres plus forts ». Pour illustrer cette idée, il a cité la fermeture de la route des Balkans, une réussite due aux États membres, la Hongrie y compris, et non aux actions de l’UE.

Sommet de Bratislava

Il a d’ailleurs estimé que le sommet à Bratislava n’a pas été un succès non plus. Le porte-parole a cependant ajouté que la décision d’apporter de l’aide à la Bulgarie était bonne.

La semaine dernière, le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, accompagné de Viktor Orbán à la frontière entre la Bulgarie et la Turquie, a demandé que l’UE verse 160 millions d’euros au pays pour qu’il sécurise ses frontières. 108 millions lui ont été accordés lors du sommet de Bratislava avec la promesse d’obtenir le reste ultérieurement.

>> Lire : Sofia demande 160 millions d’euros à l’UE pour sceller ses frontières

L’argent européen ne peut toutefois pas être utilisé pour construire des barrières, a expliqué la Commission le 19 septembre.

Le renforcement de Schengen devrait être une priorité, a estimé Zoltan Kovács. Selon lui, son pays ne récupèrera personne, en accord avec le traité européen sur les régulations du droit d’asile. « Nous ne sommes pas responsables des défauts des autres, qui ont invité les migrants », a-t-il en effet précisé.

« Le débat avec les institutions européennes s’annonce compliqué et nous pensons que le message envoyé par les électeurs hongrois sera inexorable », a prédit le porte-parole du gouvernement hongrois, soulignant que le parlement hongrois « mettr[ait] quelque chose en place » après le référendum.

« Ce qui se produit actuellement en Europe remet davantage en question la capacité de l’Europe conserver les critères de Schengen. Nous sommes tous directement intéressés par la défense en Bulgarie. C’est l’annonce qu’a faite le Premier ministre [Viktor Orbán] quand il a visité la Bulgarie, il y a quelques jours. Vous connaissez la position hongroise, nous avons été d’un grand soutien. Or, cette défense s’accompagne des critères de Schengen. Le protocole de Schengen, les critères doivent être conservés », a-t-il expliqué.

À Bratislava, Boyko Borissov a étonnement estimé que l’accès à Schengen ne faisait actuellement pas parti des priorités de son pays. Il semblerait cependant que le Premier ministre ait mal compris. « La solidarité flexible » de la Hongrie impliquerait que Budapest comme la Bulgarie resterait en dehors de Schengen, pour conserver ses zones de flous où se trouvent les migrants tout en protégeant Schengen.