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04/12/2016

Juncker met en garde contre une victoire du « non » en Italie

Politique

Juncker met en garde contre une victoire du « non » en Italie

Matteo Renzi et Jean-Claude Juncker

Le président de la Commission européenne espère que les électeurs italiens ne rejetteront pas la réforme constitutionnelle de Matteo Renzi lors du référendum du 4 décembre.

« Je ne sais pas si je serais utile à Renzi en déclarant que je souhaiterais une victoire du “oui”. Je dis juste que je n’aimerais pas voir le “non” l’emporter », déclare le chef de l’exécutif bruxellois dans une interview au quotidien La Stampa publiée le dimanche 27 novembre. « L’Italie est une grande nation et Renzi y a contribué, nous devons l’admettre », ajoute-t-il.

Le président du Conseil de centre gauche a promis de démissionner si son projet de réforme constitutionnelle visant notamment à réduire les pouvoirs du Sénat et à transférer au gouvernement central des prérogatives actuellement confiées aux régions est rejeté par les électeurs.

La réforme vise à apporter plus de stabilité politique dans un pays qui a connu 60 gouvernements depuis 1946 et à accélérer le processus législatif en réduisant fortement les pouvoirs du Sénat.

Elle prévoit, entre autre, que seule la chambre des députés voterait la confiance au gouvernement et la majorité des lois, une infime partie étant aussi de la compétence du Sénat.

Victoire du « non » pressentie

Les derniers sondages publiés la semaine dernière, avant une période de « blackout » (la loi italienne interdisant leur publication dans les 15 jours qui précèdent un scrutin), prédisaient une confortable victoire du « non », pour lequel militent notamment le mouvement eurosceptique Cinq Étoiles, la Ligue du Nord (extrême droite) ainsi qu’une fraction du Parti démocrate de Matteo Renzi.

>> Lire : L’Italie, talon d’Achille de l’Europe

Par ailleurs, plusieurs milliers de personnes ont défilé dimanche après-midi dans les rues de Rome en faveur du non au référendum constitutionnel pour protester contre le gouvernement de Matteo Renzi.

« Je suis ici aujourd’hui pour réaffirmer mon non au référendum constitutionnel du 4 décembre parce que la constitution doit être défendue, c’est la constitution de 1948 et elle doit être préservée, elle peut être revue et corrigée, mais le changement que propose Renzi est un changement dans le sens négatif », a déclaré à l’AFP-TV Maria, une enseignante du secondaire.

« Nous sommes pour le non, car nous pensons que cette réforme constitutionnelle représente le sommet d’une série de réformes qui vont à l’encontre des intérêts des citoyens et qu’il s’agit de constitutionnaliser l’exclusion des citoyens de la participation à la vie démocratique », estime pour sa part Federica du Comité « Étudiants pour le non ».

Le principal dénominateur commun des manifestants venus de toute l’Italie est leur opposition au gouvernement en place.

Étaient présents, entre autres, les opposants à la ligne à grande vitesse Lyon-Turin, les opposants aux grands navires de croisière à Venise, les partisans du droit au logement, les étudiants, la gauche et l’extrême-gauche ou les épargnants spoliés par la faillite de certaines banques. Des membres du cortège, qui a défilé sous haute surveillance policière, ont jeté des œufs contre la banque d’Italie.