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02/12/2016

Juncker rappelle à la France la nécessité de la rigueur budgétaire

Politique

Juncker rappelle à la France la nécessité de la rigueur budgétaire

[European Union]

[European Union]

Au Congrès des Maires de France, le président de la Commission a rappelé la nécessité de réformes structurelles et d’un redressement des finances publiques.

Venu, une fois n’est pas coutume, à la rencontre des territoires pour le Congrès de l’Association des Maires de France, le président Juncker a déclaré que l’Europe n’écoutait pas suffisamment les collectivités locales, mais a aussi insisté mardi à Paris sur la nécessité des politiques d’austérité.

« Le redressement des finances publiques est une nécessité » a-t-il assuré, avant de revenir sur le fait qu’il n’était pas un partisan de l’austérité, et que c’est pour cela que le plan d’investissement pour l’Europe avait été mis en place.

Un discours pas forcément facile à entendre pour les collectivités locales, qui souffrent de la baisse des dotations de l’État, décidée dans le cadre de la réduction du déficit public.

Selon la maire de Paris, Anne Hidalgo, la baisse des dotations financières de l’État n’est plus soutenable, a-t-elle indiqué au journal Les Échos mardi. « Il faut rallumer les moteurs de l’investissement public », estime l’élue, « pas sur n’importe quoi, pas sur des hôtels de département et de région, mais sur des sujets stratégiques qui concernent le logement, la transition énergétique et écologique, les transports, etc », précise-t-elle.

Les collectivités coincées entre rigueur et manque d’investissement

Amorcée en 2014 avec une baisse de 1,5 milliard d’euros, la réduction des dotations de l’État aux collectivités doit porter sur 11 milliards de 2015 à 2017. L’ensemble des associations d’élus communaux, toutes tendances confondues, réclame l’arrêt des ponctions et l’annulation de la tranche 2017.

L’Élysée a de son côté affiché sa fermeté. Dans un entretien à Sud-Ouest, François Hollande a annoncé mardi qu’il tiendrait devant les maires « un discours de vérité ». « J’ai déjà fait en sorte de dégager un milliard d’euros cette année pour soutenir l’investissement des communes et des intercommunalités », a-t-il rappelé, se disant « attentif à la situation des collectivités », mais aussi garant des engagements pris au niveau européen.

Le président Juncker a de son côté exprimé son ras-le-bol sur le fait que la France accuse une fois de plus Bruxelles de ses propres décisions. « Le pacte budgétaire a été adopté par les 28 pays, dont la France. Le gouvernement de la République a pris des engagements à Bruxelles sur le sujet » a-t-il rappelé, insistant sur le besoin de réformes structurelles de l’économie française.

À propos de la loi travail, le président de la Commission s’est ouvertement déclaré pour les réformes en cours.

>>Lire : La Commission européenne se réjouit de la loi El Khomri

«Le droit du travail est un cordon de protection nécessaire. La loi travail actuellement discutée en France et le minimum de ce qu’il faut faire » a-t-il asssuré. Mais il a refusé d’entrer plus dans les détails ou d’aborder les conséquences des réformes.

« Ce n’est pas à la Commission européenne de donner le détail de là où doit se situer l’effort. C’est l’affaire de la France, du gouvernement et des collectivités

Les relations érotiques de la France avec ses services publics

Sur la question des relations commerciales avec les États-Unis, qui inquiètent de nombreux terroirs, le président de la Commission a indiqué en avoir récemment discuté avec le président Obama. « Je lui ai dit que nous n’avions pas l’intention de céder sur nos valeurs et nos services publics » a assuré le dirigeant, rappelant que d’autres pays européens avaient « des relations au moins aussi érotiques que la France avec leurs services publics ».

Une référence  à la Belgique, où la grève des transports sévit tout autant qu’en France.