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27/09/2016

Une rencontre Juncker Poutine sous haute tension

Politique

Une rencontre Juncker Poutine sous haute tension

Kristalina Georgieva , Ban Ki-moon, Jean-Claude Juncker seront présents lors du forum économique international de Saint-Pétersbourg le 16 juin.

Jean-Claude Juncker et Vladimir Poutine doivent tenter de renouer les liens entre l’UE et la Russie. Un dialogue qui n’empêchera sans doute pas la prolongation des sanctions.

Le 16 juin, pour la première fois depuis que l’UE a imposé des sanctions économiques contre la Russie pour ses agissements en Ukraine il y a deux ans, un président de la Commission européenne va rencontrer le chef d’État russe.

Jean-Claude Juncker participera au forum économique international de Saint-Pétersbourg où il est censé présenter les projets de l’UE concernant ses relations avec la Russie.

Les gouvernements de l’Europe de l’Est et des Baltiques, des députés du parti du président de la Commission et même son équipe remettent en question cette stratégie diplomatique.

« J’attends de lui qu’il s’appuie fermement sur l’opinion commune de l’UE sur les relations avec la Russie et qu’il enjoigne la Russie à respecter ses engagements internationaux sur la sécurité européenne et les droits de l’Homme. Les attaques en Ukraine ainsi que l’annexion illégale de la Crimée doivent prendre fin » a déclaré la ministre estonienne des Affaires étrangères Marina Kaljurand début juin, lorsque le voyage a été confirmé.

Mais Jean-Claude Juncker veut restaurer le dialogue avec le gouvernement russe pour éviter des tensions supplémentaires, à l’heure où l’UE est déjà confrontée à des divisions potentielles, avec le référendum sur le Brexit en Grande-Bretagne.

« Juncker a dévoué sa carrière politique au dialogue. Même quand les relations avec les voisins deviennent particulièrement tendues, il pense que les discussions devraient continuer », a écrit Margaritis Schinas, le porte-parole du président dans une lettre envoyée au Financial Times.

« C’est dans cet état d’esprit qu’il se rendra à Saint-Pétersbourg. Il se voit comme un constructeur de pont et non comme un négociateur. Qui interprète sa venue en Russie de cette façon se verra rapidement déçu », répond-il aux critiques qui considèrent que ce voyage est contre-productif, au vu du contexte actuel.

>> Lire : La visite de Juncker à Moscou marque un tournant dans les relations UE-Russie

Jean-Claude Juncker se rendra dans l’ancienne capitale impériale, accompagné de la vice-présidente au budget, Kristalina Georgieva, et du commissaire à l’économie numérique, Günter Oettinger.

Le commissaire bulgare participera à des discussions  autour du « du rôle du nouveau développement des institutions dans l’exécution des prévisions de croissance. »

Le voyage de Kristalina Georgieva en Russie s’oppose à ses intentions informelles de devenir candidate au poste de secrétaire générale de l’ONU après le 31 décembre, lorsque le mandat de Ban Ki-moon prendra fin. La Russie, qui a un droit de veto en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, pèsera dans la balance de façon décisive. La vice-présidente semble chercher à prendre la température en Russie.

>> Lire : Georgieva lorgne le poste de secrétaire général de l’ONU

Toutefois, Kristalina Georgieva  n’a pas officiellement déposé sa candidature. En effet, c’est Irina Bokova, actuelle directrice générale de l’UNESCO, qui a été nommée dans son pays pour le poste de l’ONU.

Ban Ki-moon sera également présent sur le forum économique, où plus de 800 gouvernements et chefs d’entreprise sont attendus. Devraient être présents Jack Ma, représentant d’Alibaba, Robert Dudley pour BP, Guo Ping pour Huawei, Ivan Glasenberg pour Glencore, San Jin Park pour Samsung Electronics, Dominic Barton pour McKinsey et Jens Deernberg-Wittram pour The Boston Consulting Group.

« Il faut lever les sanctions »

Le forum sera particulièrement marqué par la présence de l’ancien président, Nicolas Sarkozy.

Il fera un discours d’inauguration intitulé « Europe : Quo Vadis ». Avant son arrivée à Saint-Pétersbourg, le chef de file des Républicains, qui rencontrera le premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a appelé à lever progressivement les sanctions contre la Russie.

« Nous n’avons pas besoin d’une nouvelle guerre froide », a-t-il déclaré selon l’AFP.

« Il faut créer un électrochoc positif entre la Russie et l’Europe, avec une décision conjointe  d’une levée progressive et mutuelle des sanctions, en échange de gestes concrets de part et d’autre », a-t-il précisé.

Le 17 juin, le premier ministre italien Matteo Renzi rencontrera Vladimir Poutine  et le président du Kazakhstan, Nursultan Nazarbayev, pour déterminer comment aborder la nouvelle donne économique mondiale.

L’Italie est l’invitée de la vingtième édition du forum. Par conséquent, Matteo Renzi sera à la tête d’une délégation italienne importante, composée des PDG des multinationales italiennes les plus connues, dont Pirelli, Barilla, Intesa Sanpaolo, Eni et Enel o Finmeccanica. Les discussions tourneront autour du label « Made in Italy » qui pourrait jouer un rôle majeur dans le renforcement de la coopération italo-russe.