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04/12/2016

Juncker veut clore la controverse Oettinger

Politique

Juncker veut clore la controverse Oettinger

Jean-Claude Juncker

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, est intervenu ce week-end pour clore la controverse entourant les commentaires homophobes du commissaire allemand et le pantouflage d’anciens membres de l’exécutif.

Jean-Claude Juncker a accordé une interview au quotidien belge Le Soir, samedi 5 novembre, dans ce qui semble être un effort pour éteindre l’incendie allumé par les commentaires de Günther Oettinger il y a dix jours à Hambourg.

Le président de la Commission s’est dit « particulièrement choqué » par les commentaires faits par son commissaire allemand sur les homosexuels, les Chinois et les Wallons, et a déclaré qu’il espérait qu’ils ne reflétaient pas sa pensée.

Les propos de Günther Oettinger ont été largement qualifiés de « racistes et homophobes ». En ce qui concerne les homosexuels, le commissaire a plaisanté sur le fait que le mariage gay deviendrait bientôt obligatoire en Allemagne.

Le 3 novembre, il s’est excusé du bout des lèvres suite à un entretien avec Jean-Claude Juncker.

>> Lire : Oettinger s’excuse du bout des lèvres pour ses propos sur les Chinois

Répondant à des critiques lui reprochant d’avoir été lent à réagir, Jean-Claude Juncker a déclaré qu’il n’avait pas eu le temps de traiter le cas Oettinger jusqu’au 2 novembre. Avec du recul, il s’est dit particulièrement choqué des propos du commissaire sur les homosexuels.

« Cela ne reflète aucunement mes convictions. Je voulais donc être sûr que lui et moi nous partageons les mêmes convictions. Il m’a expliqué qu’en tant que personne il était favorable au mariage homosexuel. J’eusse respecté des convictions contraires, mais cette Commission plaide partout pour la non-discrimination », a déclaré le président de la Commission.

Lorsque le journaliste Jurek Kuczkiewicz lui a demandé si les propos de Günther Oettinger reflétaient vraiment sa pensée, puisque des propos similaires prononcés par Donald Trump ont suscité l’indignation, Jean-Claude Juncker a répondu : « Il m’a expliqué qu’il voulait mettre de l’ordre dans le débat allemand. Il trouve que l’Allemagne s’occupe de problèmes réels, mais qui ne sont pas les plus grands du pays. Je n’aurais pas dit ce qu’il a dit, car il donne l’impression qu’il n’aimait ni les Chinois, homosexuels, les Wallons et d’autres. »

« Un commissaire ne peut pas parler ainsi. Je lui ai dit de s’excuser envers ceux qui auraient pu se sentir ciblés », a ajouté le président de l’exécutif, qui ajoute que quand les commissaires s’exprimaient en public, ils devaient s’en tenir aux sujets concernant leur portefeuille et ne pas s’engager dans des sujets hasardeux.

Le président de l’exécutif européen a lui-même sollicité cette interview auprès du grand quotidien belge francophone, assurant prendre « très au sérieux les critiques » émises dans ses pages. « Je voulais donc parler avec vous de Belgique, de Wallonie, d’Oettinger et de tout le reste », a-t-il assuré.

Prolongation de la période transitoire

Interrogé sur l’affaire concernant son prédécesseur José Manuel Barroso, accusé de conflit d’intérêts en acceptant un poste chez Goldman Sachs, Jean-Claude Juncker a déclaré qu’il voulait modifier le code de conduite des commissaires.

Il a notamment déclaré vouloir étendre la période transitoire à trois ans pour le président de la Commission et à deux ans pour les autres commissaires, au lieu de 18 mois actuellement.

« Si le collège [des commissaires] devait ne pas accepter cette position, je dirai publiquement que je ne prendrais pas d’emploi dans une banque ou une entreprise quelconque pendant trois ans. Même si, par ailleurs, je ne compte pas le faire plus tard non plus », a reconnu Jean-Claude Juncker.

>> Lire : L’équipe Barroso continue d’empocher des sommes astronomiques