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24/01/2017

L’accord sur la Grèce ne sera « pas une garantie » pour la suite selon Donald Tusk

Politique

L’accord sur la Grèce ne sera « pas une garantie » pour la suite selon Donald Tusk

Donald Tusk se trouvait au Portugal le 20 juin, où il a livré un plaidoyer vibrant pour que les Britanniques choisissent de rester dans l’UE.

Crédit : [360b / Shutterstock.com]

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, estime que l’accord de lundi sur un troisième plan d’aide à la Grèce n’offre « pas de garanties sur la suite du processus », dans une interview à plusieurs quotidiens européens.

« Cet accord n’est pas une garantie pour les années qui viennent, mais il a permis d’éviter le risque de chaos, d’une banqueroute grecque », juge M. Tusk, selon le texte français de cette interview publiée notamment par le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ, Allemagne), Le Monde (France) ou Kathimerini (Grèce).

« Nous n’avons pas de garanties sur la suite du processus, qui est compliqué. Il y a des chausse-trappes », insiste-t-il, ajoutant : « Je ne peux pas exclure que nous n’ayons pas besoin d’un autre sommet cet été, mais j’espère que cela ne sera pas nécessaire ».

Alors que le Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand, doit se prononcer ce vendredi sur l’accord signé lundi, M. Tusk estime que l’Allemagne n’est pas sortie « gagnante » des discussions, « car c’est quand même elle qui va devoir prêter les plus gros montants à Athènes ».

>> Lire : Le Parlement grec valide le plan d’austérité proposé par Tsipras

Il affirme également que l’Allemagne ne faisait pas partie des négociateurs les plus durs le week-end dernier. « La chancelière était prête à un compromis. Mais certains États membres avaient peur qu’un accord soit rejeté par leurs Parlements nationaux », raconte-t-il, avant d’expliquer avoir sollicité l’intervention du Premier ministre néerlandais Mark Rutte car « j’ai senti qu’(il) serait le meilleur représentant de ces États ».

Concernant la crise grecque, M. Tusk affirme plus généralement ne pas craindre le danger d’une « contagion économique » des autres pays de l’Union européenne. Je suis surtout inquiet des risques de contagion politique et idéologique », explique-t-il.

« Avec ce qui se passe en Grèce, est apparue l’illusion idéologique qu’il est désormais possible de changer le cours de l’Europe, qu’on peut construire une autre option que la vision traditionnelle de l’Europe, au discours sur l’austérité », affirme M. Tusk, ajoutant : « Je trouve l’atmosphère très similaire à celle de l’après 1968. Je sens un état d’esprit, peut-être pas révolutionnaire, mais un sentiment d’impatience en Europe ».

>> Lire : Grèce : une situation politique au bord du chaos

Pour autant, M. Tusk rejette l’idée selon laquelle la zone euro aurait voulu faire payer à M. Tsipras le prix d’un arrêt de la contagion politique. « Je ne peux pas accepter cet argument que la Grèce ou Tsipras ont été punis », dit-il.

Dans la version de l’interview publiée par FAZ, M. Tusk s’est également exprimé sur la relation franco-allemande, affirmant que lors du sommet, il y avait eu « une répartition naturelle des rôles ».

« Dimanche, il a été clair dès le début que [François] Hollande allait jouer le rôle de l’entremetteur entre l’Allemagne et la Grèce », a raconté M. Tusk, ajoutant que le président français « essaie de calmer les émotions, c’est tout à fait dans son tempérament ».