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25/09/2016

L’enjeu migratoire met la présidence néerlandaise sous pression

Politique

L’enjeu migratoire met la présidence néerlandaise sous pression

Le premier ministre néerlandais Mark Rutte à la sortie du Conseil européen en février 2015

[European Council/Flickr]

Les Pays-Bas présideront le Conseil de l’UE jusqu’à juillet prochain, avant la Slovaquie puis Malte. Un agenda qui met la présidence néerlandaise sous pression pour avancer sur la crise des réfugiés.

La présidence tournante de l’Union européenne est passée aux mains des Pays-Bas le 1er janvier. Pendant un semestre, le pays devra relever les différents défis qui ont fragilisé l’Union européenne au cours des derniers mois.

Et les sujets ne manquent pas, à commencer par la crise migratoire, la lutte contre le terrorisme et l’hypothèse du Brexit.

Dans son programme, élaboré avec la Slovaquie et Malte qui prendront les deux présidences suivantes, les Pays-Bas ont tablé sur un certain nombre de priorités plus dictées par l’actualité que par les souhaits politiques néerlandais. Et les problématiques propres à la Slovaquie et à Malte par rapport aux migrants risquent de freiner le processus, ce qui force les Pays-Bas à se concentrer sur la question des réfugiés.

« La multiplication des crises oblige les présidences tournantes à rebondir systématiquement sur l’actualité » relève Charles de Marcilly de la Fondation Robert Schumann.

Protection de frontières

Résultat, la question de la crise migratoire occupe une place de choix dans le programme néerlandais, qui vise notamment la « mise en œuvre du régime d’asile européen commun ».

La question de l’évolution de l’espace Schengen est également mentionnée, puisque la nouvelle présidence table sur le renforcement de l’efficacité de l’espace Schengen. Mais aussi de manière plus surprenante, son élargissement : le sujet est aussi à l’ordre du jour.

>>Lire : Schengen est en danger, selon le Luxembourg

Or les Pays-Bas ont ouvertement défendu, en novembre dernier un resserrement de l’espace Schengen autour de quelques pays, pour faire face aux dysfonctionnements de l’espace de libre circulation.

Mini-Schengen versus élargissement

Pays fondateur de Schengen avec la France, l’Allemagne le Luxembourg et la Belgique, les Pays-Bas ont proposé de revenir à une configuration similaire, afin de faire face à la crise migratoire qui déstabiliser l’espace de libre circulation.

Mais en changeant quelque peu les partenaires. La Suède et l’Autriche pourraient faire partie de ce nouveau « mini-Schengen », tandis que la France en serait exclue. L’idée de travailler mieux sur le contrôle des frontières avec moins de partenaires n’a cependant pas reçu un accueil très chaleureux de la part des autres pays européens.

Contradictions

Les contradictions ne s’arrêtent pas là. Le programme de 18 mois prévoit également de poursuivre le travail sur le mécanisme de relocalisation des réfugiés au sein de l’UE. Un dossier sur lequel la Slovaquie a engagé un véritable bras de fer avec l’UE.

>>Lire : Pourquoi la Slovaquie poursuit l’UE sur le système des quotas

Opposée à tout mécanisme de répartition, le pays a été jusqu’à déposer plainte auprès de la Cour de justice de l’Union européenne contre le plan de répartition de 120 000 demandeurs d’asile.

Mais la latitude des présidences tournante n’est pas vraiment de mise sur le dossier. « Les présidences tournantes vont être coincées sur la question de la crise migratoire et des réfugiés » indique Charles de Marcilly. « Les pays vont être obligés de montrer que le dossier avance ».

>>Lire : La Roumanie veut bien accueillir des réfugiés si elle entre dans Schengen

Les Pays-Bas pourraient par ailleurs être la dernière présidence tournante à pouvoir donner une certaine impulsion politique au dossier de la crise migratoire. « La Slovaquie est dans une position particulière par rapport à ce dossier, et Malte fait partie des « petits » pays » relève Charles de Marcilly.

« La présidence des Pays-Bas est peut-être la dernière à pouvoir faire avancer les grands dossiers, les présidences suivantes risquent d’être davantage dans la gestion » poursuit-il. 

Contexte

La présidence du Conseil est assurée à tour de rôle par chaque État membre pour une période de six mois. Pendant cette période de six mois, la présidence préside des réunions à tous les niveaux au sein du Conseil, contribuant ainsi à assurer la continuité des travaux de l'UE au Conseil.

Prochaines étapes

  • 1er juillet 2016: Présidence de la Slovaquie
  • 1er javier 2017: Présidence de Malte

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