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22/01/2017

L’OMS réclame une stratégie européenne pour la santé des réfugiés

Politique

L’OMS réclame une stratégie européenne pour la santé des réfugiés

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Crédit : HCR

La directrice de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Europe, Zsuzsanna Jakab, a appelé les États membres à prendre leur responsabilité concernant la santé des réfugiés entrant dans l’UE. Un article d’EurActiv Espagne.

Les pays européens doivent adopter une « approche commune » pour faire face au défi politico-sanitaire que représente l’afflux croissant de réfugiés, a affirmé Zsuzsanna Jakab, la directrice de l’OMS pour l’Europe.

« Il faut valoriser le rôle des contrôles d’entrée, si tant est qu’ils existent […] l’immigration à grande échelle provoque une pression immense et inattendue sur les systèmes de santé des pays d’accueil et met à l’épreuve leurs capacités et leur préparation », a estimé la directrice Europe, à l’occasion de journées dédiées aux enjeux de santé provoqués par la crise des réfugiés à Rome les 23 et 24 novembre, 

Cette rencontre de haut niveau a réuni des ministres de la santé et des délégués européens de l’OMS ainsi que le Haut-Commissaire de l’ONU pour les réfugiés (HCR) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF).

Vaccination

L’UNICEF et l’OMS, ont présenté des recommandations de vaccinations pour les pays qui accueillent des demandeurs d’asile en Europe, qui donnent la priorité la rougeole, les oreillons, la rubéole (ROR) et la poliomyélite.

Plus de 700 000 réfugiés en 2015

Selon les données de l’OMS, en 2015, plus de 700 000 réfugiés et immigrants sont arrivés dans la région européenne de l’OMS, et près de 2 millions de personnes (des Syriens, pour la plupart) ont trouvé refuge en Turquie.

Les données de l’HCR indiquent quant à elles qu’il y a plus de 60 millions de réfugiés, demandeurs d’asile et personnes déplacées internes dans le monde entier, à cause des conflits et de la persécution.

En ce sens, l’organisation de l’ONU a, ces dernières semaines, multiplié les appels à la solidarité et à la responsabilité des autorités européennes pour gérer l’actuelle crise des réfugiés.

Assistance médicale de base

Nombreux sont les réfugiés qui ont besoin d’une assistance médicale pour traiter des problèmes comme l’hypothermie, les brulures, les accidents cardiovasculaires, les complications liées à un accouchement, le diabète ou l’hypertension, entre autres.

« Les systèmes de santé européens, y compris ceux des pays qui reçoivent des réfugiés, sont bien équipés pour diagnostiquer et traiter les maladies infectieuses et transmissibles courantes », a expliqué Zsuzsanna Jakab.

La directrice de l’OMS Europe a toutefois demandé aux pays de l’UE de ne pas baisser la garde : « nous devons nous assurer que tous les pays soient prêts à s’occuper d’un nombre massif de personnes et à protéger la santé de leur population ».

L’objectif des deux jours à Rome était de mettre en place des recommandations basées sur des données concrètes pour pouvoir intégrer les besoins des réfugiés dans le domaine de la santé dans les plans d’action nationaux pour la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles.

Peu de risques de maladies contagieuses

Le risque de voir les milliers de réfugiés et d’immigrants arrivant en Europe ces dernières semaines porteurs de maladies contagieuses, comme Ebola ou le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS), est « extrêmement bas », a expliqué l’OMS.

« Contrairement à la croyance populaire, il n’y a aucune relation systématique entre migration et importation de maladies infectieuses », a confirmé l’organisation.