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24/01/2017

L’opposition remporte les législatives en Finlande

Politique

L’opposition remporte les législatives en Finlande

Annika Saarikko, Juha Sipila et Juha Rehula du parti du Centre, célèbrent les résultats des élections législatives. Helsinki le 19 avril 2015

[REUTERS/Markku Ulander/Lehtikuva]

Le parti d’opposition du Centre a remporté dimanche les élections législatives en Finlande. C’est donc Juha Sipilä, ancien homme d’affaires, qui devrait bientôt occuper le poste de Premier ministre. 

Les sondeurs avaient prédit la victoire de M. Sipilä, 53 ans, qui a séduit les Finlandais en leur promettant une rupture avec un gouvernement sortant, paralysé par les dissensions droite-gauche. En revanche, la surprise a été de voir arriver en deuxième place les Vrais Finlandais, parti protestataire hostile à l’intégration européenne et à l’aide à la Grèce.

« Je reconnais que le Centre a gagné. Félicitations », a déclaré le Premier ministre sortant, le conservateur Alexander Stubb.

Les résultats complets donnent au Centre 49 sièges. Derrière lui, la lutte a été serrée, mais les Vrais Finlandais (droite eurosceptique) prennent la deuxième place avec 38 sièges, devant les conservateurs avec 37 sièges et les sociaux-démocrates avec 34 sièges.

La nature de la coalition gouvernementale à venir va à présent être discutée, vraisemblablement pendant plusieurs semaines. M. Sipilä ne devrait pas être officiellement chargé de former un nouveau gouvernement avant la proclamation des résultats définitifs en milieu de semaine.

Il a refusé de dire avec qui il souhaitait gouverner. « Nous avons besoin pour cela avant tout d’obtenir la confiance, et ensuite il sera question du programme gouvernemental », a-t-il déclaré à l’AFP.

Large choix pour former une coalition

Le résultat permet au tribun des Vrais Finlandais, Timo Soini, d’être en position de force pour négocier le portefeuille ministériel dont il rêve, en priorité les Affaires étrangères. « Nous nous présenterons aux négociations la tête haute et les pieds sur terre », a-t-il promis à ses partisans réunis à Helsinki.

Le futur Premier ministre devrait avoir un large choix pour trouver des partenaires en vue de la formation d’un gouvernement de coalition. Neuf partis seront en effet représentés au Parlement.

Le dirigeant du Centre a cependant laissé entendre au cours de sa campagne qu’il ne s’associerait qu’à l’un des deux partis dominants dans le gouvernement sortant: soit les sociaux-démocrates, soit les conservateurs.

Il a éludé toute question sur ses préférences. « Les électeurs ont envoyé un message clair pour dire qu’un changement est nécessaire en Finlande », a-t-il commenté.

Avec sa campagne sobre, M. Sipilä a donné une idée du style qu’il adoptera dans l’exercice de ses nouvelles fonctions. Son objectif est avant tout de sortir de la crise, après trois ans d’un cercle infernal de récession économique, de rigueur budgétaire, de réformes manquées et de pessimisme des ménages.

>> Lire : Malgré la crise, la Finlande devrait persister dans l’austérité après les élections

Son sourire lors de la soirée électorale télévisée a tranché avec son visage sérieux de ces dernières semaines, marquées par le décès brutal de son plus jeune fils à l’âge de 22 ans, en février. Il l’a évoqué en conférence de presse. « Je dois dire que j’ai traversé une période difficile », a-t-il déclaré.

Relancer la croissance, après deux années de recul du PIB et une de stagnation, est pour lui un défi de taille. Faute de se mettre d’accord sur des réformes, le gouvernement sortant a laissé de nombreux chantiers en friche, se contentant de maintenir constant le niveau des dépenses.

« Vu le pragmatisme laconique de Sipilä pendant la campagne, le programme gouvernemental est difficile à deviner », a expliqué à l’AFP Juhana Aunesluoma, professeur d’histoire politique à l’université d’Helsinki.

Le Centre promet la création de 200 000 emplois en 10 ans, le chômage, égal à 9,2 %, étant au plus haut depuis 2003.