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29/09/2016

L’ours polaire victime du refroidissement des relations entre la Russie et l’UE

Politique

L’ours polaire victime du refroidissement des relations entre la Russie et l’UE

Un ours polaire au Canada © Dennis Fast

Une mission portant sur les ours polaires dans la mer de Barents a été partiellement annulée, la Russie refusant l’accès de son territoire aux scientifiques norvégiens.

Les tensions entre la Russie et l’UE autour se répercutent en Arctique. La protection de l’environnement fragile autour du cercle polaire pourrait être remise en cause, comme le montre le cas de l’ours polaire. Selon le Barents Observer, une mission conjointe entre la Norvège et la Russie pour décompter le nombre d’ours polaires ne pourra pas avoir lieu cette année. La Russie a en effet interdit l’accès d’une zone cruciale aux équipes norvégiennes. Au sein de la mer de Barents, les ours polaires se trouvent principalement sur l’île norvégienne de Svalbard, et sur l’archipel de Franz Joseph, un territoire russe, auquel les scientifiques norvégiens n’ont pas eu l’autorisation d’accéder cet été.

Le dernier décompte d’ours polaire dans la région remonte en effet à 2004. Le ministère des affaires étrangères norvégien avait donc signé un accord cet hiver avec la Russie pour organiser un nouveau comptage, avec des équipes scientifiques des deux pays. Selon un membre du ministère du climat et de l’environnement norvégien, cité par le Barents Observer en février dernier, « la banquise s’est énormément réduite sur la mer de Barents depuis 2004, ce qui a fortement limité l’espace où les ours polaires peuvent vivre ». L’institut Polaire norvégien a donc du limiter le comptage à la zone norvégienne, à l’aide d’un navire du nom de RV Lance.

Une population mystérieuse

Lors du dernier décompte, les chercheurs avaient estimé le nombre d’ours présents dans la zone entre 1850 et 3400. Le mammifère, souvent utilisé comme un symbole du réchauffement climatique, souffre a priori de la réduction de la surface de la banquise, qui représente un terrain de chasse crucial. Mais en l’absence de données fiables sur l’évolution de la population de plantigrades, le mystère demeure.

L’interdiction de la chasse aux phoques dans certaines régions a en effet eu des conséquences sur l’offre alimentaire de l’ours polaire, dont la population serait en train de progresser, selon certains.

Selon la revue américaine Ecological Applications,le nombre d’ours polaires vivant au Canada, autour de la mer du Beaufort, serait tombé de 1500 en 2001 à 900 en 2010. Mais le sort de 18 autres groupes d’ours polaires répartis en Arctique sur des territoires appartenant à 6 pays différents reste mystérieux. En raison des difficultés d’accès, les populations d’ours ne font pas l’objet d’études spécifiques.