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25/06/2016

La crise des migrants de Calais plane sur le sommet franco-britannique

Politique

La crise des migrants de Calais plane sur le sommet franco-britannique

François Hollande et le premier ministre britannique David Cameron

[Reuters]

François Hollande et David Cameron se retrouvent  le 3 mars pour un 34e sommet franco-britannique. La question du Brexit pourrait compliquer la gestion des frontières entre les deux pays.

Le sommet franco-britannique réunit à Amiens  le président français et le Premier ministre britannique sur fond de crise de la situation de la « Jungle » de Calais, où affluent en masse des milliers de migrants tentant par tous les moyens de rallier les côtes anglaises.

Les autorités françaises ont entamé le démantèlement de ce campement insalubre, dans un climat tendu, émaillé d’incidents.

Accord du Touquet

Paris ne compte pas remettre en cause les accords du Touquet de 2003 régissant la gestion de la frontière franco-britannique: « Ils n’ont pas vocation à être modifiés », indique-ton à Paris.

La France veut en revanche une aide financière substantielle de Londres pour l’ouverture de nouveaux centres d’accueil, la sécurisation des infrastructures portuaires de Calais, Dunkerque et du tunnel sous la Manche et la lutte contre les filières clandestines.

>>Lire : Calais, le cul-de-sac migratoire de l’Europe

« On attend des engagements financiers additionnels » britanniques, dont le montant devrait être annoncé à l’occasion de ce sommet. Des discussions intenses ont lieu entre les équipes du ministre de l’Intérieur français Bernard Cazeneuve et son homologue britannique Theresa May.

Mineurs isolés

La question du regroupement familial de mineurs isolés, bloqués à Calais alors que des membres de leur famille sont installés outre-Manche, sont un des sujets sensibles des discussions.

Cazeneuve a souhaité récemment que les cas de « tous ceux qui ont des attaches en Grande-Bretagne, parmi notamment les mineurs isolés, » soient examinés « dans l’équilibre de la relation que nous avons avec la Grande-Bretagne ».

Brexit

A moins de quatre mois du référendum organisé le 23 juin outre-Manche sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union européenne, le risque de « Brexit » ne fait officiellement pas partie des discussions.

« Cela ne nous regarde plus, c’est vraiment une question de politique intérieure britannique », explique un diplomate français. Mais David Cameron et François Hollande pourraient toutefois bien évoquer cette échéance à haut risque.

>>Lire : Les touristes anglais désertent la région de Calais

L’hypothétique sortie du Royaume-Uni de l’UE pourrait cependant remettre en cause l’accord du Touquet, selon le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron.

« Le jour où cette relation sera rompue, les migrants ne seront plus à Calais » a indiqué M. Macron au quotidien financier britannique  le Financial Times, précisant que le « Brexit » pourrait saborder l’accord entre les deux pays qui permet à Londres de mener des contrôles du côté français de la frontière.

>>Lire : À Calais, l’UE peine à concilier valeurs européennes et barrières de barbelés

David Cameron avait prévenu le mois dernier que le Brexit pourrait signifier que les contrôles aux frontières seraient supprimés de Calais et qu’il « n’y aurait rien qui empêcherait des milliers de personnes de traverser la Manche du jour au lendemain ».

Défense et lutte antiterroriste

Deux autres textes seront signés à Amiens pour renforcer la coopération bilatérale en matière de défense et de lutte contre le terrorisme.

A l’ordre du jour notamment, la mise au point d’une force expéditionnaire conjointe franco-britannique, qui sera opérationnelle après un exercice en avril 2016 qui mobilisera quelque 7.000 militaires français et anglais.

Paris et Londres veulent également développer leur coopération en matière d’armement, (drone, missiles, guerre des mines sous-marines).

Le projet de construction par EDF de deux EPR à Hinkley Point (côte ouest de l’Angleterre), dont le coût est évalué à 24,5 milliards d’euros, fera par ailleurs l’objet d’un texte commun.

« EDF travaille à réunir les éléments nécessaires pour une décision d’investissement qui viendra dans l’horizon de temps le plus proche, évidemment avec le plein soutien du gouvernement », a indiqué une source diplomatique française proche du dossier.

Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a défendu mardi « un très bon investissement » pour l’électricien français, malgré des critiques, notamment de la part des syndicats du groupe.