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01/10/2016

La future présidence slovaque de l’UE est source d’inquiétudes

Politique

La future présidence slovaque de l’UE est source d’inquiétudes

La présidence tournante de l’UE revient à la Slovaquie en juillet. Les nouvelles déclarations sur l’Islam du Premier ministre, Robert Fico, indignent notamment les socialistes français.

Le parti socialiste français a tapé du poing sur la table après les dernières déclarations de Robert Fico, le premier ministre slovaque. Réelu en mars, l’homme politique théoriquement socialiste continue de développer une rhétorique anti-musulmane.

Il a ainsi indiqué, la semaine dernière, que l’Islam n’avait pas sa place en Slovaquie, lors de sa première interview avec l’agence TASR depuis sa réelection. « Cela peut paraitre étrange, mais désolé…l’Islam n’aucune place en Slovaquie » a-t-il déclaré. « J’en ai parlé plusieurs fois avec le Premier ministre de Malte, et il est d’accord que le problème ne tient pas sur la venue des migrants, mais plutôt dans le fait qu’ils risquent de modifier l’apparence du pays » a-il ajouté.

Les observateurs anticipaient plutôt que le dirigeant adoptent des termes plus modérés sur le sujet de l’immigration, en l’absence de nouvelle échéance électorale.

Pour le parti socialiste français, ce nouvel épisode devrait faire réagir fermement le Parti socialiste européen, qui n’en finit pas de débattre sans jamais trancher sur son éviction.

Anti-réfugiés et pro-russe, Robert Fico pose problème au PSE

Le Parti socialiste européen se penche vendredi 9 octobre sur le cas du Premier ministre slovaque. Son pays doit prendre la présidence tournante de l’UE le 1er juillet 2016.

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 Orban à droite, Fico à gauche, à chacun ses moutons noirs
« Si la droite européenne s’accommode d’un Viktor Orban en son sein, la social-démocratie européenne qui a toujours lutté contre le national-populisme refuse toute compromission rhétorique ou politique avec les idées d’exclusion et de division qui sont l’essence de l’extrême droite. C’est aussi l’inverse de ce qu’est l’Europe que nous voulons construire. Le Parti socialiste dénonce fermement les propos de Robert Fico et s’inquiète d’une telle orientation alors que la Slovaquie va présider l’Union européenne » a indiqué Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du PS.

Le semaine dernière, Harlem Désir, le ministre français des Affaires européennes, pourtant ancien Premier secrétaire du Parti socialiste français, avait indiqué qu’il demandait à la Slovaquie de « contribuer à l’unité européenne ».

« Je crois que la Slovaquie comme future présidence de l’UE aura certainement à coeur de contribuer à l’unité européenne et à des positions communes concernant l’accueil des réfugiés », avait diplomatiquement déclaré le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes au cours d’un point de presse à Prague, à la veille de son déplacement à Bratislava.

Le secrétaire d’Etat avait ajouté que « quand on accueille des réfugiés ce sont des gens qui relèvent de la protection internationale. Par définition on ne choisit pas qui ils sont et donc on ne peut pas établir des critères qui seraient basés sur la religion ».

Inquiétudes européennes envers la présidence slovaque

Le ministre a néanmoins clairement relayé les inquiétudes de Bruxelles : l’agenda de la présidence slovaque, qui démarre dans un mois, est une vraie source de préoccupation à la Commission européenne, qui attend le 1er juin la visite du gouvernement slovaque pour échanger sur le sujet. « C’est très important pour la Slovaquie d’assumer cette présidence qui fera suite au référendum britannique donc il faudra donc en gérer la suite quelque soit le résultat », a souligné M. Desir.

Le rôle de la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne est plus ou moins important selon l’énergie que les différents pays décident d’y consacrer. Leur capacité à impulser ou non des politiques dépend aussi de l’actualité. Entre le Brexit et la crise des réfugiés, la présidence néerlandaise a ainsi eu du mal à faire passer d’autres priorités sur le devant de la scène sur les six derniers mois, malgré une réelle motivation sur le climat par exemple.

>>Lire aussi : Pourquoi la Slovaquie poursuit l’UE sur le système des quotas

En Slovaquie, les priorités qui seront au programme ne sont pas encore définitivement tranchées. Le programme officiel ne sera pas adopté définitivement avant le 30 juin, en raison du referendum britannique. Le gouvernement assure que son pays veut se concentrer sur le dépassement de la « fragmentation de l’UE », et se concentrer sur des résultats tangibles pour les citoyens. Dans les grandes lignes, la Slovaquie veut surtout se pencher sur la croissance économique et les enjeux budgétaires, le marché unique numérique et l’union de l’énergie. Mais il y a fort à parier que la question des migrations et des frontières extérieures continuent, avec le Royaume-Uni, d’obnubiler l’agenda européen sur les six prochains mois.

 

Réactions

L’Europe est menacée de régression démocratique dans plusieurs États membres : la Hongrie de M. Orban, la Pologne de M. Kaczynski, la Slovaquie de M. Fico et, cas plus méconnu, la Croatie de M. Oreskovic. Tous attaquent l’État de droit, les médias, et ont un comportement incompatible avec les valeurs européennes a indiqué le Parti socialiste français.