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24/01/2017

La liste noire russe hypothèque un déplacement parlementaire français à Moscou

Politique

La liste noire russe hypothèque un déplacement parlementaire français à Moscou

Sergei Narychkine, président de la Douma, et Claude Bartolone lors de la dernière réunion de la Commission France Russie © Assemblée Nationale

Fermement condamnée par la France, la liste noire russe entraîne des frictions entre la droite et la gauche française. Les partis sont divisés sur le maintien d’un visite en Russie, dont est exclu le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux. 

La liste noire établie par la Russie, au sein de laquelle se trouve le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Bruno Le Roux, a entraîné des débats houleux entre la majorité et l’opposition, le 2 juin à l’Assemblée nationale.

>>Lire : Le liste noire russe vise les Européens pro-Ukraine ou anti-FN

Christian Jacob, chef du groupe nouvellement nommé Les Républicains (ex-UMP), a reproché au président de l’Assemblée Claude Bartolone (PS) d’avoir cherché « des clashes devant les caméras » en menaçant de boycotter une visite parlementaire en Russie si Bruno Le Roux ne pouvait venir.

La grande commission franco-russe, qui rassemble des élus de l’Assemblée nationale et de la Douma, doit se réunir à Moscou du 17 au 19 juin, et Bruno Le Roux doit en faire partie. Pour braver cet interdit, le président de l’Assemblée nationale a indiqué lors de la conférence des présidents qu’il souhaitait conduire la délégation, et l’annuler si Bruno Le Roux était privé de visa.

Commission franco-russe

La Grande commission parlementaire France-Russie est un organe permanent commun à l’Assemblée nationale et à la Douma, composé de parlementaires de ces deux assemblées, et les échanges entre les deux structures sont réguliers.

M. Jacob a certes indiqué qu’il n’était « pas acceptable que des parlementaires français ne puissent participer » au déplacement. Mais il a aussi critiqué le choix du président de l’Assemblée nationale de s’emparer de ce sujet.

Laurent Fabius condamne fermement la liste noire

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, est intervenu de son côté, indiquant lors de la séance de questions au gouvernement qu’il « condamnait fermement et totalement cette décision pour une raison simple, il n’y a aucun fondement » a –t-il précisé.

« Nous sommes à un moment (…) où il faut essayer d’obtenir une désescalade dans les relations entre les uns et les autres. Ce type de décision, au demeurant infondée, accroît la tension au lieu de la diminuer ».

Mais pour les Républicains, dont les positions envers la Russie sont souvent plus clémentes, le choix de Claude Bartolone n’est pas le bon.

Désaccords

« Ce n’est pas de cette manière qu’on doit réagir, en cherchant à faire des clashes devant les caméras ». Il a proposé au président de l’Assemblée nationale de « prendre contact avec le président de la Douma pour lui dire que ce n’est pas le gouvernement russe qui désigne les membres d’une délégation conduite par le président de notre assemblée ».

L’élu a par ailleurs indiqué qu’il préfèrerait que ce déplacement soit reporté, tant que le sujet n’est pas réglé.

Les relations entre les deux groupes politiques sont un peu tendues, alors qu’une discussion houleuse s’est tenue sur leur nouveau nom. Les Républicains ne veulent pas d’abréviation, ce qui a entraîné la suppression de tous les sigles utilisés jusqu’alors à l’Assemblée nationale : SRC, RRDP, écolos, GDR, UD