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26/09/2016

La loi travail arrive à l’Assemblée nationale

Politique

La loi travail arrive à l’Assemblée nationale

Des clash épars ont opposé police et manifestants, le 1er mai à Paris [Reuters]

La loi El Khomri sera débattue à partir du 3 mai à l’Assemblée Nationale. La contestation se poursuit à petite vapeur.

Au lendemain de manifestations du 1er mai en demi-teintes, les éditorialistes de la presse quotidienne s’interrogent lundi sur l’avenir de la loi El Khomri dite «loi travail» qui devrait donner lieu à d’âpres débats à partir de mardi à l’Assemblée nationale.

>>Lire : La Commission européenne se réjouit de la loi El Khomri

« Cette loi, proposée comme une offrande au patronat, ne passera pas comme une lettre à la poste au Parlement », estime ainsi Patrick Apel-Muller dans L’Humanité, car « des députés se feront les porte-voix de cette majorité de Français qui refuse ce texte ».

François Ernenwein (La Croix) dénonce «l’ivresse contestataire que la loi El Khomri dans son état actuel ne justifiait sans doute pas». D’autant moins, poursuit-il que «par rapport au projet initial du gouvernement, cette loi ne se ressemble plus. Elle a en partie été modifiée dans l’intérêt des salariés».

Tellement modifiée que Jean Levallois suggère, dans La Presse de la Manche, de retirer le projet. «Retirer le projet de loi travail ? Et pourquoi pas ? Ce ne serait pas battre en retraite…ce ne serait pas se déjuger. Au contraire», écrit-il. «Le texte qui arrive devant l’Assemblée nationale n’est plus du tout celui présenté il y a quelques mois», argumente-t-il en soulignant que «les réformes de départ, pour l’essentiel, ont fait place à des mesures différentes qui en changent profondément la philosophie.»

«La confrontation à l’Assemblée démarre demain», remarque Matthieu Verrier (La Voix du Nord). Toutefois, «cette manche paraît mieux engagée qu’il y a quelques semaines» alors que «la perspective d’une convergence des oppositions s’éloigne». «A moins que le bruit de la rue ne recouvre celui des discussions de la Chambre», écrit-il.

 

Dans Sud-ouest, Bruno Dive relativise en soulignant qu’il «est vrai qu’à la veille de la discussion, le mouvement contestataire semble s’essouffler». Mais il met en garde : «plus il s’essouffle, plus il se radicalise». D’autant, dit Pierre Fréhel du Républicain Lorrain que «quelques retouches ne suffiront pas à démonter une contestation pour laquelle la loi en question est d’abord un prétexte».

Bertrand Meinnel (Le Courrier Picard), est d’un avis contraire. «L’heure devrait être à la pause, affirme-t-il, pour permettre aux élus de faire leur travail et à chacun de reprendre des forces, manifestants comme forces de l’ordre».

Dans La Nouvelle République du Centre-ouest, Olivier Pirot voit dans cette réforme «l’ultime grand chantier du quinquennat de François Hollande». Et donc l’ultime occasion sans doute pour «les frondeurs (de) marquer une fois de plus leur désaccord sur la politique sociale menée par le gouvernement».

Bruno Bège, dans les colonnes de La Montagne Centre-France, estime à cet égard qu’il «serait hâtif et risqué de déduire de cette affluence clairsemée (dans les manifestations) que l’opposition à la loi El Khomri est désormais minoritaire au sein de la France des lycéens futurs salariés, des salariés eux-mêmes et des chômeurs».