La propagande russe aura sa chaîne en français d’ici 2018

La home du site internet RT en français. Capture d'écran

RT devrait lancer une chaîne francophone, installée à Paris, en décembre prochain.

Le Kremlin continue plus que jamais la guerre de l’information. Selon le JDD, la chaîne de télévision française Russia Today qui doit venir épauler les versions anglaises et espagnoles du réseau, devrait commencer à émettre d’ici la fin de l’année.

Le financement de la propagande russe, doté de 300 millions d’euros par an, montre l’importance stratégique de cette activité pour le gouvernement russe, qui a logé cette activité au sein du ministère de la défense, juste à côté des forces armées.

Moscou se mobilise pour intensifier la guerre de l’information 

Le ministère de la défense russe a créé une division spécialisée dans la propagande et la guerre électronique.  Un combat doté de 300 millions d’euros et de 1000 personnes. Un effort tout particulier est fait sur la présidentielle française.

La chaîne de télé française prévoirait de recruter 130 à 150 « journalistes » afin d’être à même de concurrencer les LCI, France 24 et autre BFM sur les chaines d’info en français, sur le câble et le satellite.

Encore que la fonction de « journaliste » de ces futurs salariés semble questionnable. Lors du sommet entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron à Versailles, en mai dernier, le chef de l’État français avait estimé que les auteurs des articles diffusés par Russia Today et Sputnik ne pouvaient pas être qualifiés de « journalistes ».

« Russia Today et Sputnik se (sont) comportés comme des organes de propagande mensongère » en « répandant des contrevérités infamantes » avait assuré le chef d’État passablement énervé.

Ukraine, Russie, propagande: Macron veut imposer des lignes rouges à Poutine

Les présidents russe et français ont tenté de réchauffer leurs relations lors d’une rencontre à Versailles, durant laquelle le président français s’est montré intransigeant. Il a notamment fustigé les organes de propagande russes, Sputnik et Russia Today.

À la fin de la campagne présidentielle, le parti En marche avait refusé d’accréditer les journalistes en question pour les meetings du candidat. Les deux sites avaient notamment relayé des rumeurs véhiculées autour de Macron durant la campagne, Sputnik évoquant l’homosexualité présumée du chef de l’Etat, RT les « Macronleaks », tout en prenant soin de sourcer leurs informations auprès d’autres médias ou  blog. Ce faisant, les sites pro-russes avaient largement alimenté les « fake news » durant la campagne.

Fake news et extrême droite

Comme le montre cet article de sputnik.fr, évoquant l’idée totalement fausse qu’un million d’Européens se seraient organisé en milice anti-migrants, la technique consiste à affirmer, en titre une information que l’on source ensuite d’un autre média, en l’occurrence un site d’information pro-russe, Izvestia, tout en ajoutant une photo réelle faite par Reuters (de scouts hongrois en uniformes).

Les priorités du site Russia Today ne semblent pas avoir varié d’un iota quelques mois après la campagne. De nombreux articles contre les migrants, les dirigeants européens ou montrant la prétendue faillite de l’Europe sont publiés tous les jours. Sur la page d’accueil de Russia Today, le 20 août, on trouve ainsi deux articles sur la pauvreté en Allemagne, quatre article anti-migrants, et une vidéo de l’assassinat en direct d’un terroriste par un policier à Surgout, en Russie.

La ligne éditoriale de la future chaine de télé qui vient d’obtenir un agrément du CSA en France devrait logiquement s’inspirer de celle de Russia Today, et de son alter ego Sputnik.fr, en étant  violemment anti-européenne, pro-russe et avec des relents d’extrême-droite assez marqués.

Moscou lance son site de propagande en France

La Russie a lancé le 29 janvier un site de propagande en langue française. Déjà disponible en anglais, allemand ou espagnol, Sputnik fait partie de l’arsenal du  Kremlin pour contrer l’information occidentale sur la crise ukrainienne.