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30/09/2016

La Roumanie lutte mieux contre la corruption que la Bulgarie

Politique

La Roumanie lutte mieux contre la corruption que la Bulgarie

Jean-Claude Juncker et Dacian Cioloş

[European Commission]

Le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a annoncé la fin prochaine du contrôle du système judiciaire et de la lutte contre la corruption en Roumanie

La Bulgarie et la Roumanie sont surveillées dans le cadre du mécanisme de coopération et de vérification (MCV), qui a été créé pour aider les deux pays dans le domaine judiciaire après leur adhésion à l’UE. Huit ans après sa création, le MCV opère toujours.

Ce mécanisme est unique et n’a pas été utilisé pour la Croatie, qui a rejoint l’UE en 2013, soit six ans et demi après la Bulgarie et Roumanie.

S’exprimant aux côtés du Premier ministre roumain, Dacian Cioloş, qui lui a rendu visite hier, Jean-Claude Juncker a répété que son objectif était de clore le MCV durant son mandat, qui expire en novembre 2019.

Il a cependant ajouté qu’il n’existait pas de lien étroit entre « le cas roumain” et “le cas bulgare”. « Si la Roumanie est prête avant nos amis bulgares, et si elle répond aux attentes de la Commission et des autres États membres, le programme y sera arrêté», a-t-il affirmé.

>> Lire : La Commission salue les réformes menées par la Roumanie

Jusqu’à présent, l’exécutif s’est montré extrêmement réticent à l’égard d’un éventuel découplage de la Bulgarie et de la Roumanie dans le cadre du MCV.

Dacian Ciolos espère cependant trouver une solution beaucoup plus tôt qu’au cours de la dernière année du mandat de cette Commission. Il a ajouté que la fin du MCV ne signifiait pas que la Roumanie allait abandonner la lutte contre la corruption.

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Le Premier ministre roumain a également dit que la question de l’adhésion de son pays à l’espace Schengen avait été discutée et qu’il espérait que des décisions seraient prises cette année.

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La Bulgarie et la Roumanie remplissent tous les critères requis pour l’adhésion à l’espace Schengen depuis plusieurs années maintenant, mais n’y sont toujours pas entrées, car la décision est prise par consensus et divers pays, dont les Pays-Bas et l’Allemagne, ont opposé leur véto.

Pourtant, les choses ont changé depuis que la Roumanie a élu Klaus Iohannis, d’origine allemande, en tant que président, et Dacian Cioloş en tant que Premier ministre. Dacian Cioloş est un ancien commissaire européen. Il est considéré comme étant influencé par la politique française, et a souvent été appelé « le deuxième Commissaire français » dans l’équipe Barroso.

Jean-Claude Juncker et Dacian Cioloş ont également examiné la situation en Moldavie, pays voisin de la Roumanie où la majorité de la population parle le roumain. Jean-Claude Juncker a salué l’influence de la Roumanie dans ce pays, qui a un statut de membre associé avec l’UE.

Le nouveau premier ministre moldave, Pavel Filip, a déclaré que son gouvernement avait une « dernière chance » de regagner la confiance de l’opinion publique alors que le pays se trouve dans une crise politique profonde.

La situation politique en Moldavie a, en fait, été l’un des points à l’ordre du jour du Conseil des affaires étrangères, qui a eu lieu le même jour.

Dacian Cioloş a expliqué à Jean-Claude Juncker que la Roumanie était prête à offrir son aide à la Moldavie et qu’il avait reçu la garantie que la Commission contribuerait également, si le gouvernement moldave s’engageait à respecter les réformes. Dacian Cioloş a également discuté de la Moldavie avec le commissaire au voisinage, Johannes Hahn.

Le président de la Moldavie, Nicolae Timofti, se rendra en Roumanie mercredi (17 février).

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Contexte

Lorsque la Bulgarie et la Roumanie ont adhéré à l'UE le 1er janvier 2007, des lacunes subsistaient en matière de réforme judiciaire et de lutte contre la corruption. Dans le cas de la Bulgarie, des problèmes persistent dans la lutte contre le crime organisé.

Un mécanisme de coopération et de vérification (MCV) a été mis en place pour assister les deux pays dans le domaine judiciaire après leur adhésion à l'Union. Sept ans après l’adhésion des deux pays, le MCV est encore d'actualité et est poursuivi par la Commission Juncker.

Jusqu'à ce jour, la Commission a publié des rapports d'évaluation tous les six mois. Chaque rapport examine les progrès réalisés en termes de réformes judiciaires, de lutte contre la corruption et, dans le cas de la Bulgarie, de la lutte contre le crime organisé. Les deux derniers rapports sur la Roumanie ont largement été positifs.