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04/12/2016

La Russie plus présente que l’Europe dans le débat Fillon-Juppé

Politique

La Russie plus présente que l’Europe dans le débat Fillon-Juppé

Le candidat François Fillon, donné gagnant dans les sondages, a jugé «absurde» la politique de Hollande, et donc de l’Europe, face à la Russie.

Lors d’un débat télévisé, les deux candidats à la primaire de droite, François Fillon et Alain Juppé, ont tenté de convaincre les électeurs à 3 jours du second tour.

L’essentiel du débat a tourné autour de questions franco-françaises. L’enjeu européen, sur lequel la droite française peine à s’accorder, a été soigneusement évité. Pour connaître le fond des idées des candidats sur le sujet, l’électeur devra se lancer dans de sérieuses recherches et fouiller dans les programmes.

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Soigneusement évitée durant la primaire de la droite, la question européenne devrait s’inviter dans le débat pour le second tour. Le sujet représente en effet une ligne de fracture majeure entre les deux candidats en lice.

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En revanche, François Fillon a précisé sa position sur la relation avec la Russie qu’il envisage pour le futur.

« L’intérêt de la France n’est évidemment pas de changer d’alliance »  en se tournant vers la Russie plutôt que les États-Unis, a assuré le candidat proche de Vladimir Poutine, tout en renouvelant sa volonté de « retisser un lien » avec la Russie.

Il a aussi affirmé ses idées plus souverainistes qu’européennes en ces termes. « Ce qui compte dans la politique étrangère que je veux conduire, c’est que la France défende ses intérêts », a indiqué le député de la Sarthe.

« Et les intérêts de la France, ce n’est évidemment pas de changer d’alliance, quelle caricature », s’est-il exclamé. « Nous sommes les alliés des États-Unis, nous partageons avec les États-Unis des valeurs fondamentales que nous ne partageons pas avec les Russes et nous avons une alliance de sécurité avec les États-Unis, donc nous n’allons pas la remettre en cause », a poursuivi l’ancien Premier ministre (2007-2012), favori de la primaire.

Poutine, un grand professionnel

Interrogé sur les éloges du président russe Vladimir Poutine, qui voit en M. Fillon « un grand professionnel » qui « se distingue fortement des (autres) hommes politiques de la planète », le député de Paris a répondu ne pas avoir « entendu du tout de soutien ».

« Il se trouve que nous avons travaillé ensemble, car j’ai été Premier ministre pendant cinq ans et il a été Premier ministre pendant cinq ans », a poursuivi M. Fillon au sujet de M. Poutine. « Ce sont les seules relations que nous avons » a insisté le candidat, qui  a pourtant séjourné dans la datcha privée du président russe.

Fillon a toutefois qualifié d’ « absurde » la politique conduite par François Hollande à l’égard de la Russie, estimant qu’elle menait ce pays à « se durcir, à s’isoler, à actionner les réflexes nationalistes ».

La politique internationale menée par François Hollande est dans la droite ligne de ses partenaires européens notamment allemands, et a notamment permis de mettre autour de la table, dans le format Normandie, Russie, Allemagne, Ukraine et France, alors que le dialogue était interrompu au plus fort de la crise ukrainienne.

Mais pour François Fillon, condamner la Russie quand elle viole le droit international en envahissant des territoires comme la Crimée n’est pas la solution la plus pertinente.

« Il se trouve que la Russie est le plus grand pays du monde, bourré d’armes nucléaires donc un pays dangereux si on le traite comme nous l’avons traité depuis cinq ans », a poursuivi M. Fillon. « Ce que je demande c’est que l’on s’asseye autour d’une table avec les Russes sans que l’on demande l’accord des États-Unis et que l’on retisse un lien, si ce n’est une confiance, qui permette d’amarrer la Russie à l’Europe. »

 

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