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04/12/2016

La Turquie balaie les critiques de l’UE au sujet des purges

Politique

La Turquie balaie les critiques de l’UE au sujet des purges

Le 6 novembre, la police a repoussé des manifestants à Istanbul lors d'un rassemblement de protestation contre l'arrestation de neuf députés du HDP, un parti prokurde.

[thomas koch/Shutterstock]

Les remontrances de l’Union européenne passent mal auprès de la Turquie, après les purges de masse auxquelles se livre Ankara depuis le putsch raté en juillet 2016. Le ministre turc des Affaires européennes Ömer Çelik jugeant même « racistes » certaines prises de positions européennes. Un article de notre partenaire, Ouest France.

La Turquie a protesté lundi auprès des ambassadeurs de l’Union européenne à Ankara contre les critiques de leurs pays au sujet des purges menées depuis le putsch avorté de juillet, a indiqué un ministre turc.

Ces critiques se sont amplifiées ces derniers jours après l’arrestation vendredi d’une dizaine de députés du principal parti prokurde de Turquie, le HDP, dont ses deux chefs.

« Nous leur avons fait part de notre malaise au sujet des positions prises par l’UE », a déclaré à la presse le ministre des Affaires européennes Ömer Çelik après avoir convoqué les ambassadeurs des pays de l’UE en poste à Ankara pour un entretien.

>> Lire : Les purges s’étendent à 50 000 personnes après le putsch avorté en Turquie

« Nous traversons une période très fragile dans les relations entre la Turquie et l’UE. S’opposer en permanence à la Turquie n’est pas la bonne politique », a-t-il ajouté.

Ankara déplore un manque de soutien

La Turquie négocie depuis des années son adhésion au bloc européen mais les tractations sont actuellement enlisées.

Ankara attend dans l’immédiat une suppression de l’obligation de visa pour ses ressortissants à l’entrée dans l’UE, dans le cadre du pacte conclu avec l’UE pour freiner l’afflux des migrants vers l’Europe passant par son territoire. Mais les discussions sur ce point sont également très difficiles.

>> Lire : Rebecca Harms : l’UE doit envisager de sanctionner la Turquie

Ömer Çelik a qualifié de « racistes » les appels de certains hommes politiques ou partis européens à l’arrêt du processus d’adhésion de la Turquie.

Il a de nouveau reproché à l’UE ce que Ankara perçoit comme un soutien insuffisant après le putsch avorté contre le président Recep Tayyip Erdoğan à la mi-juillet.

« Il est inacceptable que certains de nos amis européens disent en une seule phrase qu’ils nous soutiennent puis émettent neuf phrases de critiques », a-t-il dit.

>> Lire : Le retour de la peine de mort en Turquie mettrait fin à tout projet d’adhésion à l’UE

Purges et « méthodes nazies »

Ankara accuse le prédicateur musulman exilé aux États-Unis Fethullah Gülen d’avoir fomenté la tentative de coup d’État, ce que l’intéressé dément catégoriquement.

Fethullah Gülen dirige un réseau d’écoles, d’ONG et d’entreprises que les autorités turques considèrent comme une organisation terroriste qu’elles désignent par le terme « FETÖ », pour « Organisation terroriste des partisans de Fethullah ».

Ömer Çelik s’est en outre insurgé contre des déclarations à une radio allemande du ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn dans lesquelles celui-ci a dressé un parallèle entre les purges en Turquie et les méthodes nazies.

Ces déclarations « reflètent un manque de connaissances historiques. Le combat actuel de la Turquie rappelle, bien au contraire, celui livré contre les Nazis après leur arrivée au pouvoir », a-t-il dit. « Comparés à FETÖ, les Nazis apparaissent comme des apprentis ou des élèves d’une école primaire », a-t-il ajouté.

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