Le député européen Jean-Marie Le Pen conteste son exclusion du FN

Marine Le Pen et son père, en avril 2014. [EURACTIV.fr]

Exclu jeudi 20 août du Front national par le bureau exécutif du parti, son fondateur, Jean-Marie Le Pen a contesté vendredi sur RTL cet « assassinat » politique qu’il veut remettre en question par voie judiciaire.

Le bureau exécutif du FN, auquel la présidente du parti Marine Le Pen et son vice-président Florian Philippot n’ont pas participé, a annoncé jeudi soir l’exclusion du fondateur du parti d’extrême droite, âgé de 87 ans, après l’avoir entendu pendant plusieurs heures à Nanterre (Hauts-de-Seine).

« C’était une mascarade, un guet-apens, un simulacre », a déclaré Jean-Marie Le Pen vendredi sur RTL.

« C’est Marine Le Pen qui a pris cette décision elle-même », a-t-il ajouté, se disant victime d’un «assassinat perpétré et ordonné par sa fille» mais assurant être toujours président d’honneur du parti.

«Elle commandait au loin au téléphone le peloton d’exécution mais elle ne voulait pas en faire partie parce que ça fait vilain, c’est sale de tuer son papa, alors elle n’a pas tué papa directement mais elle l’a fait tuer par des sbires.»

Soulignant que la décision du bureau exécutif réuni en formation disciplinaire ne lui avait pas encore été signifiée, le patriarche a confirmé qu’il l’attaquerait en justice.

«Je suis l’objet d’une expulsion théorique dont je vais demander (…) compte à la justice», a-t-il dit.

«C’est moi qui suis le Front national, je suis chez moi au Front national.»

Florian Philippot, vice-président du FN et cible de nombreuses attaques de Jean-Marie Le Pen au cours des derniers mois, a de son côté estimé que son expulsion était «logique».

Il «allait de provocation en provocation», a-t-il dit sur BFM TV et RMC. «Il fallait réagir (…) on ne pouvait pas accepter que Jean-Marie Le Pen continue cette oeuvre de destruction», a-t-il ajouté, soulignant que, selon lui, le fondateur du parti n’avait «pas à venir» à l’université d’été du FN, début septembre à Marseille.

Avant cette procédure disciplinaire, Jean-Marie Le Pen a obtenu cet été deux victoires juridiques face à Marine Le Pen, avec l’annulation d’une précédente décision de suspension et la suspension de l’assemblée générale extraordinaire du Front national censée aboutir à son éviction.

>>Lire : Le Front national rattrappé par ses démêlées avec la justice

Dans la convocation qui lui avait été adressée pour le bureau exécutif de jeudi, la présidente du FN énumérait 15 griefs, dont ses propos qualifiant les chambres à gaz nazies de «détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale». Des propos qui lui valent une nouvelle convocation en correctionnelle pour être jugé pour «contestation de crime contre l’humanité».

Elle mentionnait aussi ses déclarations négatives sur la nouvelle direction du parti ou accusant sa fille de «dynamiter sa propre formation», et son irruption sur l’estrade où elle allait prononcer un discours, le 1er mai, à Paris.

Le fondateur du FN n’avait pas été convié à participer au nouveau groupe du FN au Parlement européen où il détient son seul mandat électoral. La délégation du FN au Parlement européen s’avère donc plus que jamais éclatée.

>>Lire : Le FN parvient à former un groupe au Parlement européen

Contexte

Parlement européen, il faut réunir au moins 25 eurodéputés de sept pays différents.

Marine Le Pen n'est pas parvenue à former un groupe après les élections européennes de l'année dernière, malgré la hausse de popularité des partis d'extrême droite. En France, son parti a ainsi remporté un franc succès, avec 24 eurodéputés élus.

Le soir du 15 juin, elle a annoncé avoir enfin réussi à remplir les conditions pour former un groupe au Parlement.