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29/09/2016

Le Front National mêlé au scandale Panama papers

Politique

Le Front National mêlé au scandale Panama papers

„Brexit“-Befürworter wollen einen Besuch Marine Le Pens verhindern. Labour-Politikerin Gisela Stuart nennt die Front-National-Vorsitzende „spaltend und aufrührerisch“.

[dpa]

De nouveaux documents des « Panama Papers » dévoilés par Le Monde ont mis à jour un « système offshore sophistiqué » élaboré par des proches de Marine Le Pen.

Le quotidien français avait averti dès dimanche être en possession d’éléments reliant « un grand parti politique français » à ces révélations planétaires sur l’évasion fiscale. Le Front national lui-même avait anticipé cette publication, adressant lundi soir une « mise en garde » à « ceux qui, parmi la presse, seraient tentés de relayer des rumeurs ».

L’enquête du Monde aborde plusieurs points qui intéressaient déjà la justice française. Elle permet, selon le quotidien, de « mettre au jour un système de dissimulation d’avoirs financiers, organisé dans des centres offshore d’Asie et des Caraïbes par le premier cercle de fidèles » de Marine Le Pen.

Financement des campagnes 2012

Au centre de ce « système », Frédéric Chatillon, président de la société prestataire du FN, Riwal, déjà mis en examen dans l’enquête sur le financement des campagnes 2012 du Front national. Un virement de 300.000 euros vers Hong Kong puis Singapour apparaît effectivement dans ce dossier, sans que les enquêteurs n’aient pu démontrer que les sommes sont revenues dans les caisses du FN.

Le journal écrit par ailleurs que Gérald Gérin, majordome de Jean-Marie Le Pen, reconnaît être l’ayant-droit d’une société offshore, Balerton, enregistré par la fameuse firme panaméenne Mossack Fonseca.

>>Lire : Les Panama Papers poussent l’Allemagne à agir contre l’évasion fiscale

« La cellule anti-blanchiment de Bercy, Tracfin, a trouvé de multiples éléments reliant cette société, dotée de 2,2 millions d’euros, à Jean-Marie Le Pen » selon Le Monde. Mais selon M. Gérin, cet argent « n’a rien à voir » avec le fondateur du FN, dont le patrimoine est passé au crible par la justice française.

Jean-marie Le Pen nie être impliqué dans ce scandale. « Ce n’est pas mon argent. Gérald Gérin, c’est Gérald Gérin, moi c’est moi. Et ceux qui affirmeront le contraire auront droit à un procès en diffamation », a-t-il affirmé mardi.

Le FN a vu dans ces révélations une tentative pour « essayer de salir l’image du seul grand parti patriote, du seul parti anti-Système en capacité de remporter les futures élections ». « Pendant qu’on diffame le Front National, on évite de parler des vrais coupables et des vraies responsabilités dans la mise en place d’une mondialisation débridée, sans frontières, où la grande finance règne en maître », a dénoncé le parti, dans un communiqué intitulé « Le Monde fait pschitt ».

« Un extravagant fantasme »

Selon Le Monde, « en 2012, juste après l’élection présidentielle, Frédéric Chatillon s’organise, avec le concours de Nicolas Crochet (expert comptable habituel du FN, ndlr), pour faire sortir 316. 000 euros de Riwal et du territoire français ». Naît alors un montage complexe passant notamment par l’acquisition d’une société écran basée à Hong Kong, dont la maison mère est domiciliée aux îles Vierges britanniques via Mossack Fonseca.

En France, les juges d’instruction ont terminé leur enquête. A ce stade, elle n’a pas pu démontrer que ces sommes étaient revenues dans les caisses du Front national, selon une source proche du dossier.

>>Lire : Le commissaire Cañete mis en cause dans les Panama Papers

Ancien président du GUD, une organisation étudiante d’extrême droite, Frédéric Chatillon, qui n’intervient jamais dans les médias, avait lui aussi pris les devants dès lundi et a encore protesté de sa bonne foi mardi en évoquant un « extravagant fantasme en marge de cette transaction très simple », dans une déclaration transmise à l’AFP par l’intermédiaire de son avocat.

Riwal, une société de communication qui a autrefois travaillé avec le régime de Bachar al-Assad, réalise des prestations de communication pour des candidats FN.

Ces révélations du Monde constituent un nouveau chapitre dans les multiples rapports du FN avec la justice. Outre l’affaire des financements de campagne, le parti est également soupçonné par le Parlement européen de faire travailler des assistants parlementaires à son siège de Nanterre.

>>Lire : Le Parlement européen s’alarme de financer le Front national

Le parti a « à l’évidence un problème avec l’argent », a commenté Bruno Le Roux, patron des députés PS. « Des amitiés sulfureuses, des ingénieries financières opaques, des montages complexes pour exfiltrer de l’argent : tout est bon dans l’pognon ! Où sont les promesses du FN qui a déclaré la lutte contre l’évasion fiscale en 2015 ? », a réagi SOS Racisme.