Le groupe du FN vole un élu social-démocrate au Parlement européen

Laurentiu Rebega, à gauche, est proche du ministre de l'agriculture roumain, Daniel Constantin (à droite)

Le groupe Europe des Nations et des Libertés passe de 37 à 38 membres avec l’arrivée d’un transfuge roumain du groupe social et démocrate, Laurentiu Rebega.

Le groupe Europe des Nations et des Libertés mis en place par le Front national au Parlement européen a accueilli un nouveau membre, portant le nombre total à 38 personnes. L’arrivée du député roumain permet au groupe de rassembler 8 pays, et non plus 7, qui représentait le nombre minimum de pays.

>>Lire : Le nouveau groupe d’extrême-droite au Parlement européen veut dissoudre la zone euro

La fiche de l'eurodéputé Laurientiu RebegaLa fiche de l’eurodéputé Laurientiu Rebega

En rejoignant ce parti, l’élu a assuré dans un communiqué qu’il souhaitait «défendre le fait que la Roumanie est une force importante de l’UE, et que ses citoyens doivent bénéficier des mêmes traitements que les autres Européens, sans être systématiquement stigmatisés », a assuré l’élu qui appartenait, avant le 15 juillet, au groupe socialiste (S&D) du Parlement européen. Car M. Rebega a aussi changé de parti politique roumain en changeant de groupe au Parlement : il a rejoint le parti nationaliste, le PRU.

Des votes très socialistes depuis un an

Un changement de bord que ses choix politiques n’auraient pu laisser deviner : depuis son élection il y un an, au Parlement européen, l’eurodéputé s’est montré d’une loyauté absolue avec les consignes de vote de son parti, votant selon leurs consignes dans 100 % des cas, un cas plutôt rare. De surcroît, il s’est montré fidèle aux positions du groupe social et démocrate dans 96 % des votes, comme le montre le site VoteWatch.

Les Roms, un problème européen et non roumain selon le PRU

 « Il faut que les nationalistes européens fassent la différence entre les Roumains et les Roms travaillant dans l’UE a expliqué Bogdan Diaconu, président du parti nationaliste roumain, ou PRU, au journal roumain Gandul, ajoutant que le problème des Roms était un problème européen et non roumain.

Le parti PRU a par ailleurs annoncé la venue de Marine Le Pen en Roumanie début septembre.

L’élu roumain, proche du ministre de l’agriculture Daniel Constantin, est aussi aux prises avec la justice dans son pays pour une affaire de corruption liée à l’organisation d’un salon de l’agriculture.

>>Lire : Le FN parvient à former un groupe au Parlement européen

Réactions

Contexte

Pour former un groupe parlementaire, et ainsi recevoir des fonds et accroître son influence au sein du Parlement européen, il faut réunir au moins 25 eurodéputés de sept pays différents.

Marine Le Pen n'est pas parvenue à former un groupe après les élections européennes de l'année dernière, malgré la hausse de popularité des partis d'extrême droite. En France, son parti a ainsi remporté un franc succès, avec 24 eurodéputés élus.

Le soir du 15 juin, elle a annoncé avoir enfin réussi à remplir les conditions pour former un groupe au Parlement.Selon une étude menée par le groupe de réflexion Open Europe, s'il compte 38 eurodéputés, le groupe de Marine Le Pen pourrait recevoir :

  • une indemnisation annuelle de 2 974 718,39 euros pour la mise sur pied et la gestion du nouveau groupe ;
  • une subvention pour la création d'un parti politique paneuropéen lié à ce groupe ;
  • une subvention pour une fondation politique ou un groupe de réflexion lié à ce groupe.

>> Lire : La constitution d'un groupe permettrait au FN de doubler ses ressources européennes