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23/01/2017

Le groupe Front national se disloque au Parlement européen

Politique

Le groupe Front national se disloque au Parlement européen

Aymeric Chauprade, capture de vidéo du 15/01 au Parlement européen

Le premier groupe d’eurodéputés français au Parlement européen peine à s’entendre. Sur 24 élus au départ, Aymeric Chauprade est le quatrième à jeter l’éponge. 

Le député européen Aymeric Chauprade a annoncé lundi qu’il quittait le Front national et le groupe créé par Marine Le Pen au Parlement de Strasbourg tout en conservant son siège de député européen.

Le groupe Europe des nations et des libertés ne comptera donc plus que 20 eurodéputés français, et le nombre de ses membres est ramené à 38.

Aymeric Chauprade est le 4 ième membre du FN à quitter, être exclu ou sérieusement prendre ses distances de la formation, après Joëlle Bergeron, Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch, le tout en 18 mois de mandature.

Ce proche du souverainiste Philippe de Villiers, qui effectue en ce moment un retour médiatique grâce à la publication d’un livre politique à succès, a précisé sur iTELE qu’il rentrait dans une «logique de recomposition d’une grande droite crédible et assumée».

Il a cité Marion Maréchal-Le Pen, l’ancienne ministre UMP Nadine Morano, exclue des listes des Républicains pour les élections régionales pour avoir estimé que la France était un pays «de race blanche», et l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy Henri Guaino, député LR.

L’eurodéputé n’en est pas à son premier coup d’éclat, loin de là. Dès l’été 2014, quelques semaines après son élection au Parlement européen, il s’était fait remarquer en appelant à l’élimination des Français partant faire le djihad.

>>Lire : Un eurodéputé FN appelle à l’élimination des jihadistes français

Aymeric Chauprade, qui a reconnu avoir fait partie du commando ayant récemment exfiltré de Saint-Domingue deux pilotes français poursuivis pour trafic de drogue, a eu des mots très durs envers Marine Le Pen et son lieutenant Florian Philippot.

«Il est essentiel que les dirigeants de la France de demain aient une droiture, une capacité de respect de leur parole», a-t-il dit, reprochant à la dirigeante du FN «d’éliminer ses collaborateurs sur des faux prétextes».

Marine Le Pen avait démis en janvier Aymeric Chauprade de ses fonctions de chef de file des 23 eurodéputés du FN après sa vidéo controversée sur l’islam, où il dénonçait l’existence d’une «cinquième colonne islamiste» en France.

>>Lire : Le Front national désarconné après les attentats en France

L’eurodéputé lui a également reproché d’avoir écarté «des collaborateurs qui font simplement ombrage à Florian Philippot» ainsi qu’à son père Jean-Marie Le Pen, tout en précisant qu’il n’était pas en train de rallier ce dernier.

«On ne peut écarter celui auquel on doit tout parce qu’il est devenu inutile», a-t-il dit à propos du fondateur du FN, précisant : «Le Front national est devenu un étouffoir, on ne peut pas penser».

«Le procès en opportunisme est impossible puisque je pars au moment où le FN est au zénith, alors que les opportunistes, sans conviction, arrivent en masse au Front national», a-t-il ajouté.

Pour justifier la sanction infligée à l’eurodéputé, partisan de la théorie du choc des civilisations, Marine Le Pen avait invoqué les risques juridiques qu’il faisait courir à sa formation.

La dirigeante avait demandé aux cadres du FN de ne pas relayer sa vidéo, ce qui n’a pas empêché sa nièce et députée frontiste du Vaucluse, Marion Maréchal-Le Pen, d’y faire écho. »

Marine Le Pen a pour sa part affirmé lundi que le maintien de l’eurodéputé au FN était devenu impossible, notamment après l’affaire «d’Air cocaïne». «Surtout après l’affaire Air Cocaïne, nos désaccords avec A. Chauprade étaient devenus trop importants et son maintien au FN impossible, écrit-elle sur Twitter.