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28/09/2016

Le nouveau groupe d’extrême-droite au Parlement européen veut dissoudre la zone euro

Politique

Le nouveau groupe d’extrême-droite au Parlement européen veut dissoudre la zone euro

Exclue de Ukip, Janice Atkinson a permis au Front National de former un groupe au Parlement.

© European Union 2015 EP

Marine Le Pen a présenté ses nouveaux alliés polonais et anglais qui lui permettent de former un groupe au Parlement européen. Le programme politique de la nouvelle formation reste à déterminer.

Marine Le Pen a présenté mardi matin lors d’une conférence de presse au Parlement européen à Bruxelles ses nouveaux partenaires au sein d’un nouveau groupe qui s’appellera Europe des Nations et des Libertés. Le parti a surtout évoqué le making-of de cette nouvelle formation, sans vraiment préciser de projet politique. « Nous venons de créer le groupe, il faut maintenant nous concerter » a précisé l’élue Front National.

« L’Europe des Nations et des Libertés » sera coprésidé par Marine Le Pen et Marcel de Graaff, du PVV néerlandais. Les autres partis sont le Parti de la liberté autrichien (FPÖ), la Ligue du Nord italienne et le Vlaams Belang flamand (Belgique). Quant aux petits derniers à rallier la formation, deux Polonais en provenance du parti raciste KNP et une Britannique exclue de UKIP, ils disent avoir rompu avec leurs précédentes formations.

>> Lire : Le FN parvient à former un groupe au Parlement européen

Le départ de Jean-Marie Le Pen clé dans la formation du groupe

La Britannique, Janice Atkinson, qui est une ancienne « tory », a précisé que « l’exclusion du FN de Jean-Marie Le Pen avait facilité les choses » pour elle. Exclue du parti UKIP pour des questions de malversation, l’eurodéputée a affirmé qu’elle était « ravie de rejoindre ce moment historique ». Elle a aussi dit avoir assisté à des réunions UKIP où la question de rejoindre le groupe du FN était évoquée, et qu’elle avait plus d’affinités avec le FN qu’avec le parti italien 5 étoiles, auquel est désormais associé UKIP. L’élue avait aussi fait scandale après des propos racistes concernant une actrice thailandaise.

>> Lire : Une eurodéputée UKIP suspendue suite au scandale des dépenses frauduleuses

Un non-élu à la tribune

Un proche de Marine Le Pen, Ludovic de Danne, a aussi pris la parole, avançant qu’il était convaincu que la nouvelle formation « serait un exemple et une réponse pour tous les parti européens. Ludovic de Danne, qui était officiellement conseiller international de Marine Le Pen, est le principal artisan de ce nouveau groupe, avec l’eurodéputé Aymeric Chauprade, qui n’en fait toutefois pas encore partie. En déplacement en Asie, l’élu n’a pas pu apporter sa signature à temps.

Plusieurs députés de la délégation FN ne font pas partie de la nouvelle formation, dont Bruno Gollnish qui a choisi de ne pas la rejoindre, ou Jean-Marie Le Pen, à qui personne ne l’a proposé, ou encore Joëlle Bergeron, qui avait rejoint UKIP dès l’élection.

>>Lire les nouveaux entrants, faiseurs de roi au Parlement européen

La dissolution de la zone euro au programme

Si la nouvelle formation a été peu diserte sur son programme, elle a toutefois indiqué qu’elle allait travailler à la dissolution de la zone euro.

« Je considère la sortie négociée de la Grèce plus avantageuse que le rejet brutal de la Grèce de la zone euro qui est stupide et préjudiciable » a indiqué Marine Le Pen, tout en critiquant la solution actuelle qui irait selon elle « vers un scénario à la chypriote, où on va directement piocher dans les comptes en banque des Grecs ». Dans la zone euro, les épargnants ont toutes les raisons de craindre pour leur épargne » a assuré l’élue.

En revanche, aucune dissolution de l’Union européenne en tant que telle n’a été évoquée durant la conférence de presse.

Réactions

« La naissance du groupe politique regroupant les différents courants d’extrême droite n’est bien sûr pas une bonne nouvelle. En effet, les partis politiques qui s’allient aujourd’hui n’ont en commun que la haine, n’étant même pas toujours d’accord pour savoir qui haïr » a indiqué l'eurodéputé socialiste belge Marc Tarabella. « Le parti de l’intolérance sans frontière est né. Le but du groupe des le Pen et consort est la propagation de leur message du rejet de l’autre, de la non solidarité et bien sûr de la destruction de l’Europe » a précisé l'élu.

«Janice Atkinson a été exclue de Ukip en mars et suspendue du groupe EFDD au Parlement européen. Nous n'avons aucun contrôle sur ce qu'elle peut faire» a précisé le groupe EFDD par la voix de son porte parole, Hermann Kelly.

Contexte

Pour former un groupe parlementaire, et ainsi recevoir des fonds et accroître son influence au sein du Parlement européen, il faut réunir au moins 25 eurodéputés de sept pays différents.

Marine Le Pen n'est pas parvenue à former un groupe après les élections européennes de l'année dernière, malgré la hausse de popularité des partis d'extrême droite. En France, son parti a ainsi remporté un franc succès, avec 24 eurodéputés élus.

Le soir du 15 juin, elle a annoncé avoir enfin réussi à remplir les conditions pour former un groupe au Parlement.Selon une étude menée par le groupe de réflexion Open Europe, s'il compte 38 eurodéputés, le groupe de Marine Le Pen pourrait recevoir :

  • une indemnisation annuelle de 2 974 718,39 euros pour la mise sur pied et la gestion du nouveau groupe ;
  • une subvention pour la création d'un parti politique paneuropéen lié à ce groupe ;
  • une subvention pour une fondation politique ou un groupe de réflexion lié à ce groupe.

>> Lire : La constitution d'un groupe permettrait au FN de doubler ses ressources européennes