Le Parlement européen dénonce le soutien de Moscou à l’extrême droite

Le Front national a obtenu un prêt de neuf millions d'euros auprès d'une banque russe

Vladimir poutine

Les eurodéputés se sont alarmés dans une résolution adoptée le 10 juin, de l’ingérence de Moscou dans les politiques européennes. Notamment au travers du soutien apporté à certains partis d’extrême droite, comme le Front national.

Le Parlement européen s’est inquiété mercredi 10 juin du soutien apporté par la Russie à des partis « radicaux et extrémistes » dans les États membres de l’Union européenne, dans une résolution qui vise implicitement le Front national.

Le prêt de neuf millions d’euros obtenu par le parti de Marine Le Pen auprès d’une banque russe a déjà suscité en mai la création d’une commission d’enquête parlementaire à Paris.

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Soutien à l’extrême droite

Dans une résolution adoptée par 494 voix pour, 135 contre et 69 abstentions, qui porte sur la réévaluation des relations entre l’Union européenne et la Russie dans le contexte de la crise ukrainienne, les députés européens dénoncent aussi la réunion, en mars dernier à Saint-Pétersbourg, d’une dizaine de partis d’extrême droite à l’invitation de Rodina, une formation alliée à Vladimir Poutine.

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Les eurodéputés demandent à la Commission européenne et aux États membres de mettre en place un mécanisme permettant de surveiller l’aide financière, politique ou technique fournie par la Russie à des partis politiques ou d’autres organismes.

Agression contre l’Ukraine

Les députés européens ont également demandé à l’UE de « réévaluer de manière critique » ses relations avec la Russie, en réaction à « l’agression contre l’Ukraine » et aux ingérences de Moscou dans les politiques européennes.

Ils entendent ainsi dénoncer « la violation délibérée par ce pays des principes démocratiques, des valeurs fondamentales et du droit international à travers son action violente et la déstabilisation de ses voisins ».

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« Avec leur agression contre l’Ukraine et l’annexion de la Crimée, les dirigeants russes ont conduit nos relations à la croisée des chemins. Il revient au Kremlin de décider maintenant quelle direction elles prendront », vers un retour à la coopération ou plus d’isolement, a déclaré l’eurodéputé conservateur lituanien Gabrielius Landsbergis (PPE), à l’origine de cette résolution, non contraignante pour les États membres.

« Un changement en Russie peut, et va, venir de l’intérieur. En attendant, nous devons envoyer aux dirigeants russes le message fort que nous sommes unis avec les victimes de leur agression et ceux qui soutiennent les valeurs sur lesquelles l’Union européenne est fondée », a-t-il plaidé.

Éviter les accords bilatéraux

Les eurodéputés ont appelé les gouvernements de l’UE à éviter de conclure des accords bilatéraux avec la Russie qui pourraient nuire à son unité face à Moscou.

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Cette résolution a été adoptée le jour de la visite officielle du président russe Vladimir Poutine en Italie, où il a été accueilli par le président du conseil italien Matteo Renzi.

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La prise de position du parlement européen concerne également les pourparlers en cours entre la Russie et la Grèce pour la construction d’une connexion gazière.

Contrer la propagande

Les eurodéputés ont également demandé des actions et des aides financières pour « contrer la propagande et la désinformation russes au sein et en dehors de l’Union ».

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