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03/12/2016

Le Parlement européen se dessaisit de la nomination d’Oettinger

Politique

Le Parlement européen se dessaisit de la nomination d’Oettinger

Exclusif. La conférence des présidents de groupe a décidé mercredi 23 novembre d’organiser des échanges de vues entre le commissaire et plusieurs commissions. Mais d’éviter le passage par un vote en plénière.

La conférence des présidents, l’organe tout puissant du Parlement européen, a décidé mercredi 23 novembre de ne pas faire passer d’audition en bonne et due forme au commissaire Oettinger, dont la fonction est amenée à évoluer après le départ de la commissaire bulgare Kristalina Georgieva.

La proposition émanait du président du Parlement européen lui-même, comme l’avait expliqué Jorge Valero sur EurActiv la semaine dernière.

Le commissaire allemand, dont les gaffes et la proximité avec les lobbys ont entamé la crédibilité ces dernières semaines devra toutefois être entendu par plusieurs commissions parlementaires. La commission des budgets, celle des questions juridiques ainsi que celle du contrôle budgétaire auront le privilège d’entendre le commissaire sur son futur rôle.

Les présidents de commission se sont accordés sur le fait que ces « auditions » ne seront pas des auditions officielles. Le terme même de la rencontre n’est pas encore défini : il pourrait s’agir d’un « échange de vues » ou d’ audition.

Les trois commissions concernées devront ensuite transmettre une simple lettre à la conférence des présidents pour exprimer leur position sur la légitimité du commissaire.

En revanche, les grands chefs du Parlement européen ont décidé qu’il n’y aurait pas de vote en plénière sur le sujet.

Frustration des eurodéputés

Le dossier risque de faire des remous au Parlement européen, dont les membres sont déjà frustrés par le peu de cas accordé à leur travail par la Commission européenne.

« La gestion à tendance autocrate du président du Parlement européen s’exprime de nouveau, on dirait des petits arrangements entre amis», peste un eurodéputé. Le président de l’institution, Martin Schulz, qui a annoncé qu’il ne se représenterait pas pour un troisième mandat le jeudi 25 novembre, a eu tendance à concentrer les pouvoirs au sein de la conférence des présidents de groupes, une instance où se joue à huis clos les dossiers sensibles.

Selon le règlement du Parlement européen, tout nouveau commissaire doit être entendu au Parlement européen et faire l’objet d’un vote. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé lors de l’arrivée du commissaire Julian King, à l’été dernier.