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04/12/2016

Le retrait de Schulz devrait laisser la tête du Parlement européen à la droite

Politique

Le retrait de Schulz devrait laisser la tête du Parlement européen à la droite

Martin Schulz

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a annoncé jeudi matin qu’il ne serait pas candidat à un troisième mandat au Parlement européen. Une annonce faite in extremis, puisque la succession doit théoriquement avoir lieu en janvier, à mi-mandature.

L’homme politique allemand prévoit de se présenter aux élections allemandes au Bundestag, qui auront lieu en septembre prochain, en tant que tête de liste du SPD. Visiblement ému, l’eurodéputé a expliqué sa décision en allemand, anglais et français, rappelant que le monde avait plus que jamais besoin d’une Union européenne forte et unie.

5 ans à la tête de l’institution

Le président du Parlement européen a assuré qu’il continuerait à se battre pour le projet européen, comme il l’a fait 5 ans durant à la tête de l’institution, en rappelant que l’Allemagne avait une responsabilité spéciale sur ce projet en tant que premier pays, par la taille.

L’homme politique a aussi remercié Jean-Claude Juncker, son ami, et les équipes du Parlement européen.

Son départ ouvre la voie à une succession qui pourrait s’avérer complexe. A priori, selon les termes d’un accord conclu entre les principales forces politiques de l’institution, le groupe PPE et les sociaux-démocrates se partagent la tête de l’institution. Ce serait donc au PPE de prendre la tête du Parlement européen.

La droite veut récupérer la présidence du Parlement européen

5 candidats de droite briguent le poste de président du Parlement européen. Installé depuis 5 ans à ce poste, Martin Schulz fait campagne pour y rester.

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Au sein du PPE, de nombreuses candidatures ont émergé, qui doivent être départagées par un vote au sein du parti.

Parmi elles, le Français Alain Lamassoure pourrait avoir ses chances. Ce proche d’Alain Juppé, défenseur d’un Parlement européen fort face aux autres institutions et indépendant d’esprit, n’est pas forcément du goût de Berlin, qui préfèrerait placer un pion plus malléable, comme l’ex commissaire italien Tajani. Mais la faible réputation de l’équipe Barroso ces temps-ci vient s’ajouter au scandale Volkswagen dans lequel son rôle a été peu clair, ce qui risque de pénaliser sa candidature.

D’autres candidats sont également en lice, dont le slovène Alojz Peterle, l’Autrichien Othmar Karas et la seule femme de cette course au perchoir, l’irlandaise Mairead McGuinness.

Les centristes pourraient toutefois s’intéresser aussi à la tête du Parlement européen, dont l’actuel président du groupe ADLE, le Belge Guy Verhofstadt.

Réactions

"Nous regretterons Martin Schulz qui fut un président remarquable, probablement le plus efficace depuis des lustres. Un sens politique inné, capable de dépasser les clivages politiques pour être le Président de tous les européens. Il n'a jamais hésité à s'engager et se battre pour défendre les valeurs du européennes, le Parlement européen et nos concitoyens. Nous espèrons à sa place une personne tout aussi efficace pour relever les nombreux défis qui se présentent à nous." a affirmé Marc Tarabella, chef de délégation PS au Parlement européen.