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06/12/2016

Le Venezuela a parrainé l’anticapitalisme en Espagne

Politique

Le Venezuela a parrainé l’anticapitalisme en Espagne

L'ancien président du Venezuela aujourd'hui décédé, Hugo Chavez a soutenu le parti Podemos et son idéologie anticapitaliste entre 2003 et 2011

[Dave/Flickr]

Un think tank dirigé par les fondateurs du parti de gauche radicale espagnol Podemos a reçu sept millions d’euros du gouvernement vénézuélien entre 2003 et 2011 pour promouvoir son idéologie en Espagne,  ont affirmé deux quotidiens conservateurs espagnols.

Le quotidien ABC et le journal en ligne El Confidencial affirment que la « Fondation Centre d’études politiques et sociales », dont les activités de conseil pour le gouvernement du défunt Hugo Chavez au Venezuela sont connues, a reçu de celui-ci quelque sept millions d’euros en plusieurs versements, en partie pour promouvoir l’idéologie bolivarienn.

Jusque-là, le montant des versements évoqués par la presse ne dépassait pas quelque 3,5 millions d’euros.

Ces informations paraissent alors que, selon la presse, la police espagnole enquête sur l’éventualité d’un financement illégal de Podemos, fondé en janvier 2014, par le biais de cette fondation.

Pas de « financement illégal »

Le porte-parole du groupe parlementaire de Podemos au congrès, Iñigo Errejon, a réagi mardi en assurant qu’il était « radicalement faux » de dire que le parti avait eu recours à un financement illégal, affirmant que « les tribunaux ont toujours et unanimement dit la même chose : que c’est faux ».

La Cour suprême espagnole a classé à deux reprises, en avril 2015 et janvier 2015, des plaintes contre des membres de Podemos dont son président Pablo Iglesias pour, entre autres, « blanchiment d’argent » ou « délit contre le Trésor public ».

Pressé par un journaliste de confirmer que « pas un euro des sept millions que le gouvernement vénézuélien a donnés au CEPS n’a terminé dans les caisses de Podemos ou dans ses structures », M. Errejon, ancien dirigeant du think tank, a répondu que c’était bien le cas.

Les deux journaux s’appuient sur la copie d’un document de trois pages de mai 2008, dans lequel un ministre des Finances du Venezuela, Rafael Isea, détaille les fonds déjà versés et évoque l’allocation de ressources supplémentaires à la fondation.

Le think tank, souligne le document, a déjà mené entre 2003 et 2007 des travaux de conseil pour la présidence, le ministère de l’Intérieur ou l’Assemblée nationale du Venezuela.

Encourager un « gouvernement bolivarien »

La signature de nouveaux contrats avec la fondation « permettra de resserrer les liens et les engagements avec des représentants des écoles de pensée de gauche, essentiellement anticapitalistes, qui peuvent en Espagne créer des consensus entre forces politiques et mouvements sociaux », argumente encore le ministre dans ce document, en soulignant que ces consensus pourraient « favoriser dans ce pays des changements politiques plus proches d’un gouvernement bolivarien ».

>>Lire : Contre le réchauffement climatique, la Bolivie appelle à détruire le capitalisme

Chargée d’encourager la « conscience sociale bolivarienne » des fonctionnaires vénézuéliens par « le biais d’une action de catéchisme » en faveur de ces valeurs, elle a obtenu des « résultats excellents », note le rapport.

En bas de la troisième page, le document est signé d’Hugo Chavez, qui présida le Venezuela de 1999 à sa mort, le 5 mars 2013.

La fondation, dont le site internet n’est plus opérationnel, comptait parmi ses membres des fondateurs de Podemos, tels l’actuel numéro un du parti, Pablo Iglesias, le numéro deux, Inigo Errejon, la sociologue Carolina Bescansa ou encore le politologue Juan Carlos Monedero