EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

03/12/2016

Les candidats à la primaire de droite plaident la relance de l’UE

Politique

Les candidats à la primaire de droite plaident la relance de l’UE

Les principaux candidats à la primaire à droite ont appelé le 9 mai à régénérer le projet européen, qu’ils jugent dans l’impasse, en recentrant l’Union européenne sur son « noyau dur », vœu d’Alain Juppé, ou en organisant un référendum en France pour « refermer la blessure de 2005 », proposition de Bruno Le Maire.

À l’occasion de l’anniversaire du discours fondateur de Robert Schuman, le 9 mai 1950, tous déplorent d’une même voix le blocage de l’historique « moteur » franco-allemand.

Notamment Nicolas Sarkozy, qui reformule dans Le Figaro son idée d’un « traité de refondation » pour « changer les compétences des institutions communautaires et leur fonctionnement ».

Quant à François Fillon, pour qui « l’Europe est en train d’aller droit dans le mur », il souhaite que l’UE « laisse aux États la vie quotidienne et qu’elle s’occupe de sujets que les États ne peuvent régler à sa place ».

 >>Lire : 2017, année de tous les dangers pour l’Union européenne?

Alain Juppé, favori pour l’investiture présidentielle à droite, regrette que « la France manque à son rôle européen historique ».

« Elle commente, elle critique, et finalement, elle suit et elle subit. Malgré la foi européenne d’Angela Merkel et sa science de la navigation, l’Allemagne ne peut ni ne veut être seule à la barre de l’énorme vaisseau. Et l’Europe dérive », écrit l’ancien Premier ministre dans une tribune publiée lundi dans Le Monde et intitulée « Oui à l’Europe debout ! »

 >>Lire : Alain Juppé plaide pour Schengen à Bruxelles

Bruno Le Maire, pour l’instant « troisième homme » de la compétition, a choisi Berlin, lundi et mardi, pour exalter sa foi européenne qu’il entend réinsuffler en France avec un référendum censé « réconcilier les Français » avec l’Europe.

Une blessure européenne

« Il existe une blessure européenne en France : la blessure du non au référendum de 2005 (sur le projet de Constitution-NDLR). À la suite de ce non, les tenants du oui ont ignoré la voix du peuple. Ils ont poursuivi et accéléré la construction européenne en rédigeant un traité technique, le traité de Lisbonne (…). Ce vote devait solder 2005, il a rouvert les plaies », a déploré l’ancien ministre des Affaires européennes lors d’un discours dans la capitale allemande.

>>Lire : Nicolas Sarkozy publie un livre sous forme de mea culpa

S’il est élu président, le député de l’Eure promet de convoquer une consultation durant le quinquennat « sur les modifications des traités nécessaires à de nouvelles orientations européennes ».

Quelle que soit l’issue du référendum du 23 juin sur le « Brexit », Alain Juppé considère que l’Europe, « anémique » économiquement, « dissoute » politiquement, prise d’« angoisse identitaire », doit se consolider sur la base des traités existants « en partant du noyau dur que constitue la zone euro ».

Ce travail « exige une harmonisation fiscale progressive et la mise en cohérence de nos systèmes de protection sociale », dit-il. En matière de sécurité, il souhaite qu’Europol et Eurojust deviennent « une police et une justice directement compétentes » et juge nécessaire « un Livre blanc sur la défense ».

Le maire de Bordeaux appelle de ses vœux « une politique commune des migrations légales » et « une politique commune de l’énergie ».

Pour Fillon, l’UE va « nous péter à la figure »

Nicolas Sarkozy veut pour sa part que la France mette sur la table dès « l’alternance » de 2017 un projet de nouveau traité, « quelle que soit l’issue du référendum sur le Brexit. »

L’ancien chef de l’État répète dans Le Figaro vouloir « aller jusqu’au bout de l’intégration » avec l’avènement d’un Fonds monétaire européen et « d’un secrétaire général du gouvernement économique qui agisse comme un véritable directeur du Trésor. »

Il invite à « revoir complètement la répartition des compétences entre les États et l’Union » et à recentrer ses compétences « sur pas plus d’une dizaine de politiques communes prioritaires. »

François Fillon, qui fut son Premier ministre, estime que l’action communautaire doit se concentrer sur « cinq priorités stratégiques » (croissance, protection des frontières, défense, innovation, énergie), à travers notamment la sécurisation d’« une vraie monnaie de réserve et de règlement ».

 >>Lire : En direct: Brexit or no Brexit

« Arrêtons de vouloir passer tout le monde à la toise, sur tous les sujets, de Paris à Bratislava et de Copenhague à Lisbonne », a-t-il lancé lundi soir lors d’un discours à Schiltigheim (Bas-Rhin). « La géométrie variable, la subsidiarité doivent cesser d’être des concepts creux ».

Le député de Paris a souligné un « problème politique de leadership ». Tant que le tandem franco-allemand, qui est le moteur de l’Union, sera déséquilibré, tout le système restera figé », a-t-il estimé.

« Le délitement du rêve européen, ce rêve né sur les ruines de la guerre, est à l’œuvre, et à aucun moment je ne vois le président Hollande se lever pour enrayer cette machine infernale qui va nous péter à la figure. Et pourtant, il devrait se lever pour tout repenser. »