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01/10/2016

Les excès de Trump rendent Hollande malade

Politique

Les excès de Trump rendent Hollande malade

Les excès de Donald Trump provoquent un sentiment de « haut-le-cœur », a déclaré François Hollande. Aux États-Unis, Barack Obama a pour sa part estimé que le candidat républicain n’était « pas qualifié pour devenir président ».

« Un certain nombre d’excès finissent par créer un sentiment de haut-le-cœur – aux États-Unis même – surtout quand on s’en prend, en l’occurrence Donald Trump, à la mémoire d’un soldat », a déclaré le président français, allusion à une polémique récente de la campagne aux États-Unis.

Le président américain, Barack Obama, a lui-même jugé mardi que les attaques de Donald Trump contre la famille d’un officier musulman de l’armée américaine tué en Irak étaient une nouvelle preuve que le candidat républicain n’était pas digne de devenir président.

François Hollande, qui s’exprimait lors d’une rencontre avec l’Association de la presse présidentielle, a ensuite jugé qu’« il faut respecter [les acteurs politiques] quand ils sont respectables ».

« On voit ailleurs en ce moment des propos qui sont blessants, humiliants », a-t-il ajouté. « Si les Américains choisissent Trump ça aura des conséquences parce que l’élection américaine est une élection mondiale. »

Prié de dire si un tel résultat bouleverserait l’élection présidentielle en France, au printemps 2017, il a répondu que « ça [pourrait] conduire à une droitisation très forte mondiale ou au contraire à une correction ». « La campagne américaine indique des thèmes qui se retrouvent ensuite dans la campagne française », a-t-il poursuivi.

Le président français avait déclaré fin juin qu’une victoire de Donald Trump serait dangereuse et il l’avait invité la semaine dernière à ne pas « s’abaisser », après des remarques contre la France.

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La semaine dernière, François Hollande et Manuel Valls avaient déjà vivement réagi aux propos du candidat républicain, qui avait assuré que « La France n’[était] plus la France », après deux attaques terroristes revendiquées par Daesh. Donal Trump avait ajouté qu’Hillary Clinton n’était pas à même de faire face au durcissement de la menace terroriste.

Charge virulente d’Obama

« Le candidat républicain n’est pas qualifié pour être président », a lancé Barack Obama à Washington. « Je l’ai dit la semaine dernière. Il n’arrête pas de le démontrer », a martelé le président américain, rappelant les propos controversés de Donald Trump concernant les parents d’un capitaine américain musulman mort au combat, invités à la convention d’investiture d’Hillary Clinton la semaine dernière. Un faux pas de taille dans un pays où les militaires suscitent un immense respect.

Le fait que Donald Trump critique une famille « ayant fait des sacrifices extraordinaires pour ce pays, le fait qu’il ne semble pas avoir les connaissances de base sur des sujets essentiels en Europe, au Moyen-Orient, en Asie, signifie qu’il est terriblement mal préparé pour ce poste », a-t-il asséné lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre de Singapour, Lee Hsien Loong.

« Je ne suis pas le seul à le penser », a ajouté Barack Obama, avant d’interpeler les dirigeants du parti républicain qui continuent à soutenir Trump tout en dénonçant des propos jugés outranciers. « Il y a un moment où on doit dire assez », juge-t-il.

Donald Trump a réagi dans un communiqué jugeant que Barack Obama était un « dirigeant qui a échoué » et reprochant au président d’avoir « déstabilisé le monde ».

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« Répugnants », « impardonnables », les déclarations de Donald Trump ont provoqué une levée de boucliers chez les démocrates, mais aussi parmi les anciens combattants et jusque dans son propre camp républicain. « Ce n’est pas parce que notre parti lui a octroyé la nomination qu’elle est accompagnée du permis de diffamer les meilleurs d’entre nous », a écrit lundi l’ex-candidat à la présidentielle John McCain, un ancien de la guerre du Vietnam.

Mais le sénateur de l’Arizona, ayant lui-même fait l’objet des moqueries de Donald Trump, n’a pas pour autant retiré son soutien au candidat républicain. L’état-major républicain non plus, même si ses représentants ont dénoncé ces propos.

Barack Obama les a appelés à réagir : « la question qu’on doit se poser si on n’arrête pas de devoir dire en termes très forts que ce qu’il a dit est inacceptable, est : pourquoi le soutenez-vous encore ? »

Possible signe d’un changement, un élu de New York, Richard Hanna, est devenu mardi le premier membre du Congrès à annoncer publiquement qu’il voterait pour Hillary Clinton le 8 novembre, citant le besoin de chercher des solutions équilibrées et non des slogans « qui en appellent à notre déception, peur et haine ».

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