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06/12/2016

Les pays de Visegrád veulent revoir les frontières de l’UE

Politique

Les pays de Visegrád veulent revoir les frontières de l’UE

Le dirigeants du groupe de Visegrád avec le Premier Ministre bulgare, Boyko Borissov, et le président macédonien, Gjorge Ivanov.

[Czech government website]

Les Premiers ministres du groupe de Visegrád se sont réunis à Prague le 15 février pour discuter de l’efficacité des mesures proposées par la Commission européenne pour contrer la crise des réfugiés.

Dans un communiqué commun, ils donnent un ultimatum à l’UE : « les semaines précédant le Conseil européen de mars permettront de déterminer si les mesures spécifiques donnent des résultats satisfaisants, afin d’éviter une répétition des événements de 2015 ».

Le sommet européen se déroulera le 17 mars, ce qui ne donne pas beaucoup de temps pour évaluer l’impact des mesures. Le groupe de Visegrád pourra donc faire pression pour imposer son idée : une nouvelle frontière européenne où les migrants seraient réellement arrêtés avant d’entrer dans l’UE.

>> Lire : Pour les réfugiés, «la Hongrie n’a rien donné, pas même une couverture»

Les dirigeants de Visegrád appellent également à des « solutions communes » pour tarir « les sources à l’origine des pressions migratoires actuelles », et notamment la fin du conflit syrien. Ils soulignent également que le flot de migrants devrait augmenter dès le retour des beaux jours.

Bohuslav Sobotka devrait  présenter les propositions du groupe au président du Conseil européen, Donald Tusk, en visite à Prague, le 16 février. La République tchèque occupe actuellement la présidence tournante du groupe de Visegrád.

Une frontière alternative

Le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, et le président macédonien, Gjorge Ivanov, ont également participé à la réunion du 15 février. Le groupe de Visegrád estime en effet que les frontières grecques avec la Bulgarie et la Macédoine devraient devenir la nouvelle frontière de l’UE, parce que la Grèce ne parvient pas à  limiter le nombre d’arrivées sur ses îles.

Athènes a récemment dénoncé la Hongrie, qui fait pression sur la Grèce pour qu’elle cesse de secourir les migrants en mer Egée, ce qui constituerait une violation du droit international.

Robert Fico, le Premier ministre slovaque, a déclaré être pessimiste, à la fois en ce qui concerne la capacité de la Grèce de faire face à la crise et le potentiel du plan d’action UE-Turquie. « C’est pourquoi nous avons discuté d’un plan B pour sécuriser les frontières bulgare et macédonienne », a-t-il assuré.

>> Lire : L’UE et la Turquie trouvent un accord sur la crise des réfugiés

Le 15 février, le secrétaire d’État tchèque aux Affaires européennes, Tomas Prouza, a dévoilé sur Twitter que Gjorge Ivanov, le président macédonien, s’était plaint de la gestion de la crise par l’UE.  « L’assistance directe de la Commission européenne est inexistante, c’est pourquoi l’aide du groupe de Visegrád, de l’Autriche et de la Slovénie est importante », aurait-il assuré.

Le Premier ministre bulgare a pour sa part estimé que la frontière externe de l’UE devrait être tout à fait fermée, pour que les migrants ne puissent traverser qu’à certains postes frontières.

Un communiqué du gouvernement bulgare appelle à un contrôle de santé et à la prise d’empreintes digitales des migrants à la frontière. Ceux qui ne sont pas en droit de faire une demande d’asile pourraient ainsi être refoulés immédiatement.

« La réunion d’aujourd’hui [15 février] a rempli son objectif : montrer au Conseil que nous voulons prendre des décisions, car nous avons déjà perdu beaucoup de temps », a indiqué Boyko Borissov.

La chancelière allemande, Angela Merkel, aurait contacté la Bulgarie afin de l’encourager à adhérer à la position européenne, au lieu de chercher des solutions alternatives.

>> Lire : L’Allemagne accueille deux fois plus de réfugiés que le groupe de Visegrad

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a assuré que son pays était disposé à fournir « des ressources humaines et matérielles aux pays qui sont prêts à construire une ligne de défense au sud de la Hongrie ».

Robert Fico a offert de déployer 300 policiers aux frontières gréco-bulgare et gréco-macédonienne si Athènes ne parvenait pas à réduire le nombre de migrants et forçait ainsi les Bulgarie et la Macédoine à renforcer leurs propres organes de garde-frontières.

>> Lire aussi : « L’UE ne peut pas dire à la Turquie d’ouvrir ses frontières quand elle ferme les siennes »

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