Les sanctions occidentales plombent l’économie russe

Vladimir Poutine [Bohan Shen/ Flickr]

Les sanctions occidentales imposées à la Russie pour son rôle dans le conflit ukrainien pourraient à terme amputer son produit intérieur brut de 9 %, estime lundi le Fonds monétaire international.

L’économie russe semble se stabiliser après le passage à vide engendré par les sanctions européennes et les contre-mesures russes. La baisse des cours du brut, ainsi que des pressions sur le rouble et sur les finances publiques, ont également fait souffrir l’économie.

« En termes d’accès extérieur aux marchés financiers et de nouvelle technologie d’investissement, les conséquences des sanctions continueront à se faire sentir », estiment les analystes du Fonds monétaire international (FMI).

Les pays occidentaux ont limité l’an dernier le financement international pour les principales banques russes et les grandes entreprises du secteur de l’énergie. La Russie a répliqué en interdisant la plupart des importations occidentales de produits alimentaires.

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Perspectives russes

L’effet immédiat des sanctions a été de réduire d’un point ou un point et demi le PIB de la Russie, mais leur impact pourrait atteindre 9 % dans quelques années, écrit le FMI, qui souligne que de telles perspectives à long terme sont toujours incertaines.

Le FMI, qui s’appuie sur les travaux d’une mission réalisée en mai, prédit pour la Russie une croissance de 0,2 % l’an prochain après une contraction de 3,4 % cette année, puis une croissance « faible » annuelle de l’ordre de 1,5 % à moyen terme. Avant la crise économique de 2008, la croissance russe se situait autour de 7 % par an.

« Le retard des réformes structurelles, un investissement peu dynamique et une démographie contraire » ont également influencé la situation, selon le FMI, qui répète son conseil à Moscou : réduire l’influence de l’État sur l’économie, protéger la propriété privée et donner un coup de fouet à la compétitivité.

L’économie devrait cependant recommencer à croitre l’an prochain, étant donné la faiblesse du rouble, qui a encouragé la compétitivité, une demande extérieure à la hausse et des conditions financières nationales améliorées.

Le FMI se montre plus pessimiste que la banque centrale russe en ce qui concerne l’inflation et conseille des mesures de relance limitées cette année, tout en soulignant qu’« il est nécessaire de mettre en place un programme de consolidation fiscale à moyen terme, afin [que l’économie] s’adapte à la baisse du prix du pétrole ».

À l’heure actuelle, la législation fiscale russe lie les dépenses gouvernementales aux prix historiques du pétrole, une situation qui devrait changer pour que la baisse des prix se traduise plus rapidement en mesures concrètes. De telles mesures seraient cependant difficiles à mettre en place si Moscou décide d’indexer les pensions à 1,1 % du PIB. Cette décision n’a pas encore été prise.

La crise ukrainienne ne s’améliore pas

L’UE vient de décider de prolonger les sanctions contre la Russie et tente de décourager les États membres à conclure des accords énergétiques avec Moscou.

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Quatre militaires ukrainiens ont été tués et quinze autres blessés dans des affrontements avec les séparatistes prorusses au cours des dernières 24 heures, avant le coup d’envoi de pourparlers à Minsk sur l’application du cessez-le-feu, a déclaré lundi l’armée ukrainienne.

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Il s’agit du plus lourd bilan annoncé par Kiev en plus de deux semaines.

Selon le porte-parole de l’armée ukrainienne Andriy Lissenko, les rebelles emploient des armes lourdes interdites par l’accord de cessez-le-feu conclu à la mi-février à Minsk. Les combats les plus intenses se déroulent dans les quartiers ouest du bastion séparatiste de Donetsk, a-t-il dit.

D’après les calculs de Reuters, sur la base des points quasi quotidiens fournis par l’armée de Kiev, 29 soldats ukrainiens ont été tués et 175 autres blessés dans l’est de l’Ukraine en juillet en dépit de la trêve entrée en vigueur en février.

Côté rebelle, l’agence de presse séparatiste DAN a fait état lundi d’un bilan de 22 civils et combattants séparatistes tués et 29 autres blessés le mois dernier dans des attaques des forces gouvernementales.

Des émissaires de la Russie, de l’Ukraine et des forces séparatistes doivent se retrouver lundi dans la capitale biélorusse.

Cette réunion du « groupe de contact », sous les auspices de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), doit porter sur le retrait des armes lourdes des lignes de front prévu par les accords de Minsk.

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