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26/09/2016

L’Europe sous le choc se réveille à 27

Politique

L’Europe sous le choc se réveille à 27

La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne décidée par referendum aura lieu en 2019. Pour les Français, le Brexit est un choc: triste pour les uns, salutaire pour les extrêmes, voire sain pour les europhiles.

Les Européens se sont réveillés vendredi 24 juin avec un membre en moins, après le referendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Donné perdant jeudi soir par les sondages sortis des urnes, le « Brexit » s’est finalement concrétisé dans les urnes, avec 51,9 % des voix pour sortie de l’UE. Un choc « surréaliste » qui a fait plonger les marchés financiers : la bourse de Tokyo a clôturé en recul de 8 % , et les bourses européennes sont attendues en forte baisse selon les indices « futures ». Selon BNP Paribas, les indices pourraient reculer de 10 à 15 % dans les jours à venir.

« Je suis sous le choc. Je n’y croyais pas, c’est la victoire du populisme et de l’ignorance » regrette Tom Mackenzie, un Ecossais vivant en France.

A Paris, à quelques mètres de l’ambassade britannique, des ouvriers du bâtiment polonais sourient, l’œil rivé à leur smartphone. « Nos patrons sont Anglais, c’est eux qui vont devoir obtenir un visa pour travailler en France ! » rigolent-ils.

Retrouver la confiance ?

Mais pour une majorité de Français et de Britanniques installés en France, c’est la tristesse, comme le verbalise Virginie Rozière. « Je regarde avec une grande inquiétude le résultat de ce scrutin. Il nous appartient maintenant de faire en sorte que ce coup porté au projet européen ne soit pas fatal ».

Même son de cloche pour le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. Le Brexit est « triste pour le Royaume-Uni. L’Europe continue, mais elle doit réagir et retrouver la confiance des peuples. C’est l’urgence » affirme l’ex-maire de Nantes.

Le président français doit retrouver son secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Harlem Desir, ainsi que ses ministres des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault et des Finances Michel Sapin à 9 heures du matin, avant de s’exprimer sur la sortie du Royaume-Uni.

Brexit ou non, Merkel et Hollande veulent reprendre l’initiative

Les chefs d’Etats français et allemand se retrouveront lundi à Berlin pour évoquer la suite du projet européen. Avec, ou sans le Royaume-Uni.

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D’autres plus philosophes analysent le vote comme la fin d’une relation compliquée. « Mieux vaut un divorce réussi qu’un mariage raté » souligne l’ex-commissaire luxembourgeoise Viviane Reding

Dans le même esprit, Guy Verhofstadt estime « qu’il faut aller de l’avant avec ceux qui le veulent : les pays de la zone euro ». Un point de vue partagé par Alain Lamassoure, qui assure sur Radio Classique qu’il faut désormais avancer sur l’Europe politique. «Ce que nous ne pouvions pas faire avec les Britanniques, faisons le maintenant !» estime-il.

La Française Chantal Jouanno remet quant à elle sur la table l’Europe à 2 vitesses.

Bruxelles responsable ?

En France, certains jugent l’Europe responsable du résultat de ce referendum, à l’instar de Cécile Duflot : « Voilà ce qui se passe quand l’Europe est confisquée par les technocrates et les libéraux ».

Le centriste Jean Arthuis exprime en des mots plus feutrés une idée comparable.

Faut-il un referendum en France ?

A l’extrême-droite, certains exultent, comme Nicolas Dupont-Aignan, ou Marine Le Pen qui a félicité une « victoire de la liberté », et appelé à organiser « le même referendum en France ».

Le socialiste Arnaud Montebourg avait envisagé l’hypothèse il y a deux jours, dans le journal la Nouvelle République. « Je propose que nous affrontions l’UE sur nos intérêts directs. On ne peut pas se laisser mourir silencieusement. L’UE a fait assez de dégâts avec l’économie française et même celle de toute la zone euro »

L’élu Les Républicains Bruno Le Maire, par ailleurs candidat à la présidentielle et ancien ministre des Affaires européennes, estime quant à lui qu’un referendum serait une chose positive. « Je propose que nous consultions à nouveau le peuple français sur cette nouvelle orientation européenne » indique-t-il sur France Info.