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24/09/2016

L’ombre du Brexit s’étend sur la campagne présidentielle en France

Politique

L’ombre du Brexit s’étend sur la campagne présidentielle en France

Le Front national a créé une affiche encourageant la France à emboiter le pas au britannique.

La sortie du Royaume-Uni a propulsé la question de l’appartenance de la France à l’UE en tête des sujets de l’élection présidentielle de 2017. Une partie de la droite et l’extrême droite réclament la tenue d’un référendum.

« Et maintenant la France ! », clame une nouvelle affiche du Front national, mise en ligne après les résultats du Brexit. Le parti d’extrême droite et anti-européen de Marine Le Pen, qui a fait de la sortie de l’UE un de ses chevaux de bataille, compte capitaliser sur le cas britannique à l’approche du scrutin présidentiel de 2017.

Mais après le vote britannique, le Front national n’est plus le seul à faire de la sortie de l’Europe un thème central de campagne. À l’occasion d’un débat sur les conséquences du Brexit à l’Assemblée nationale, le futur européen de la France est apparu comme l’enjeu numéro 1 de la prochaine élection présidentielle.

Débat risqué

« Il peut y avoir un débat sur le fait que la France doive ou non sortir de l’Union européenne. C’est un débat fondamental » a affirmé le premier ministre Manuel Valls devant les députés le 28 juin. Pour le socialiste, « ce débat va être une ligne puissante de partage. […], L’élection présidentielle sera aussi l’occasion de trancher ».

>>Lire : Marine Le Pen promet de renégocier l’euro et Schengen avec Bruxelles

Le débat est nécessaire, mais il est risqué, a également mise en garde le Premier ministre. « La conséquence d’une victoire de l’extrême droite, c’est la sortie de la France de l’Union européenne et donc de l’Histoire ».

Et le choc britannique devrait prévenir les velléités, des « apprentis sorciers » a-t-il averti. « À force de ne pas parler d’Europe, les populistes peuvent raconter n’importe quoi […] les Britanniques en font l’expérience » a regretté Manuel Valls. Pourtant, la crise de l’UE a poussé un certain nombre d’élus, notamment à droite, à s’engouffrer dans la brèche.

>>Lire : Les masques tombent chez les élus français pro-Brexit

« Rares sont les peuples européens qui répondraient positivement à un référendum sur l’Europe », a affirmé l’élu Les Républicains, Laurent Wauquiez, qui a déjà appelé à la suppression de la Commission européenne.

« Organiser un référendum aujourd’hui en France sur l’UE n’est pas une bonne idée » a martelé de son côté le député UDI Philippe Vigier.

En finir avec l’ambiguïté

Seule convergence entre les différentes familles politiques de l’Assemblée nationale, la nécessité d’une rupture rapide et nette avec les Britanniques. « Il serait absurde et désastreux que les dirigeants du Royaume-Uni jouent la montre », a affirmé la présidente de la commission des Affaires étrangères, Élisabeth Guigou.

« Bien sûr, nous continuerons à coopérer en matière de défense, en matière migratoire et économique, mais l’Europe a aussi besoin de clarté. Dorénavant, l’entre-deux, l’ambigüité n’est plus possible » a affirmé le premier ministre.

« Ce n’est pas le parti conservateur britannique qui doit imposer son agenda » a-t-il ajouté sous les applaudissements des députés, appelant le Royaume-Uni à « activer le plus tôt possible la clause prévue dans le traité de Lisbonne ».

>>Lire : La perspective du Brexit attise les critiques de la droite envers Bruxelles

L’ancien Premier ministre François Fillon a également appelé à la fermeté face à la Grande-Bretagne, notamment institutionnelle. « Les députés britanniques au Parlement européen ne devaient plus participer au vote et les fonctionnaires à Bruxelles aux décisions » a demandé le candidat à la primaire des Républicains.

Autre ligne rouge pour François Fillon, l’accès au marché financier européen. « Il n’y a aucune raison de leur laisser le passeport financier européen » a-t-il affirmé.

La place financière de la City, la plus importante de l’UE, pourrait souffrir des conséquences du Brexit et d’un accès complexifié au marché unique. Une menace qui pousse certaines entreprises financières à envisager un changement de siège vers une capitale du continent, comme Paris ou Francfort.