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01/10/2016

L’opposition réclame à Hollande un nouveau cap pour l’Europe

Politique

L’opposition réclame à Hollande un nouveau cap pour l’Europe

La question du Brexit doit pousser à la redéfinition des objectifs européens, selon le centre droit

[Anna&Michal/Flickr]

L’UDI et l’Institut Montaigne demandent que la France propose une nouvelle direction pour l’Europe.

Les députés UDI exhortent François Hollande à ne pas «rester passif» pour l’avenir de l’Europe, et à «proposer un nouveau cap», quelle que soit l’issue du référendum de jeudi au Royaume-Uni, dans une lettre ouverte rendue publique lundi.

Dans ce courrier, daté du 17 juin, le groupe UDI affirme qu’un Brexit serait «un coup très dur» pour l’Europe, mais note aussi qu’en cas de maintien, l’application de l’accord obtenu par le Premier ministre David Cameron s’appliquerait, «entraînant inévitablement un affaiblissement grave et durable de l’Union européenne».

«Quelle que soit la décision du Royaume-Uni, l’Europe est malheureusement d’ores et déjà engagée dans une crise identitaire, culturelle et politique, qui ne fera que s’aggraver», estiment les députés centristes.

«La France ne doit pas subir sans réagir. Elle doit proposer un nouveau cap et redevenir le moteur de la construction européenne, ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être. Vous ne devez pas, une fois de plus, rester passif», affirment-ils à l’adresse du chef de l’Etat, ajoutant que «l’Europe est la seule voie pour la France». «

Se disant «totalement opposés à la conception de l’Europe à la carte défendue par le Royaume-Uni», ils appellent François Hollande à «dire non à une Europe sans autre projet que celui d’un marché unique» et à défendre «le choix d’une Europe fédérale avec les pays qui y sont prêts».

Le groupe UDI estime qu’il y a «urgence dans quatre domaines» sur lesquels ils appellent François Hollande à «une initiative diplomatique forte»: «une politique étrangère et de défense commune, avec une force d’intervention européenne»; «une politique commune de sécurité intérieure, avec la création d’une police européenne»; «une politique migratoire et d’asile commune»; et enfin «la mise en place d’un gouvernement économique ainsi que la mise en place d’un parlement de la zone euro et d’un budget européen».

«Sans cette initiative ambitieuse et courageuse, l’Europe et la France se trouveront encore plus affaiblies et en grand danger, ajoutent les députés UDI, affirmant que le chef de l’Etat en portera «alors personnellement la responsabilité.» *

L’avis des centristes n’est pas forcément partagé par la droite française, qui peine en général à s’accorder sur les questions européennes.

La perspective du Brexit attise les critiques de la droite envers Bruxelles

Tout en prétendant adhérer au projet européen, le parti dirigé par Nicolas Sarkozy multiplie les attaques en règle contre la Commission européenne, accusée de « faire sortir le Royaume-Uni et rentrer la Turquie».

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En revanche, le think-tank Institut Montaigne, proche de la droite, a exprimé lundi exactement la même idée, développée dans une note de 56 pages.

« Dans les jours qui suivront le référendum, les dirigeants européens devront immédiatement affirmer, ensemble, leur volonté de poursuivre la construction européenne et définir au plus vite une feuille de route précise pour les prochains mois afin de dissiper les incertitudes qui pèsent sur l’avenir de l’UE», recommande le centre de réflexions libéral. Les Etats membres devront impérativement clarifier au plus vite la raison d’être de l’UE et son ambition», insiste la note, soulignant que «la tentation du statu quo et de l’immobilisme serait un suicide politique».
Ce nouveau discours devra en premier lieu «être porté par la France et l’Allemagne», en dépit de leurs désaccords, estime l’Institut Montaigne.

« Quelle que soit son issue, le 23 juin 2016 fera date dans l’histoire de la construction européenne», selon le centre, pour qui la tenue même du
référendum britannique «est le symptôme de l’incapacité de l’UE à susciter chez les peuples européens une forte adhésion à ce projet commun».