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04/12/2016

L’UE cherche à faire barrage à l’extrémisme dès l’école

Politique

L’UE cherche à faire barrage à l’extrémisme dès l’école

Les ministres européens de l’Éducation songent à utiliser l’école comme garde-fou contre l’extrémisme et la radicalisation. Un article d’EurActiv Espagne.

« Tous les domaines politiques pertinents peuvent contribuer à cela [la lutte contre l’extrémisme], notamment l’éducation, les activités culturelles, et le travail avec les jeunes », assure le conseil de l’UE, alors que les ministres de l’éducation se réunissaient à Bruxelles les 21 et 22 novembre.

Le Conseil, où sont représentés les 28 États membres, cherche ainsi à allier la formation des jeunes aux efforts pour transformer l’Union en un espace plus sûr face au terrorisme, et à des initiatives qui vont du contrôle de la migration à la coordination entre des agences de renseignement.

La Commission européenne considère que la lutte antiterroriste est une priorité et que même si elle relève de la compétence des États membres, des initiatives peuvent être promues au niveau européen, grâce par exemple à des rhétoriques fournissant « des alternatives aux discours terroristes ».

Les jeunes et les adolescents, surtout dans des zones défavorisées avec une forte population d’immigrés, sont les cibles principales des recruteurs des réseaux djihadistes.

« Une des priorités de l’UE dans le domaine de l’antiterrorisme est d’identifier et de dissiper les facteurs qui contribuent à la radicalisation et les processus qui permettant de recruter des individus pour commettre des attentats », résume la Commission.

>> Lire : L’UE peine à gérer la radicalisation

La réunion a lieu dans un contexte encore délicat en Europe, un an après les attentats de Paris et moins d’un an après ceux de Bruxelles ou de Nice l’été dernier. Par ailleurs, un attentat prévu de longue date à Marseille et à Strasbourg vient d’être déjoué par la DGSI française (direction générale de la sécurité intérieure).

À elles seules, ces trois attaques ont causé la mort de 248 personnes, et la plupart des terroristes possédaient un passeport belge ou français et avaient grandi et été éduqués en Europe.

« Les derniers attentats montrent que certains jeunes européens ont été fait prisonniers d’une idéologie de mort et de destruction, les poussant à rompre les liens avec leur famille et leurs amis et à tourner le dos à la société. Une réponse spécifique de la société dans son ensemble est nécessaire pour prévenir la radicalisation et renforcer les liens qui nous unissent », a déclaré en juin dernier le vice-président de l’exécutif, Frans Timmermans.

Les 28 ministres de l’Éducation risquent donc discuter longuement des initiatives pour finalement adopter des conclusions sur la prévention de la radicalisation. En parallèle, dans un contexte d’incertitude européenne après la victoire du « oui » au Brexit, le Conseil Éducation débattra aussi des « chemins à emprunter pour reconnecter la jeunesse au projet européen ». Ils chercheront par ailleurs à améliorer les opportunités d’emploi des adultes peu formés.

Quant à la culture, ils analyseront l’intégration de la Norvège, de l’Islande ou du Liechtenstein – qui ne font pas partie de l’UE – dans la compétition pour devenir capitales européennes de la culture entre 2020 et 2033. Les ministres essaieront par ailleurs d’avancer sur le paquet législatif relatif aux nouvelles technologies et aux modèles d’entreprise pour le secteur audiovisuel.

Enfin, ils souhaitent renforcer le rôle du sport comme instrument diplomatique dans les relations extérieures de l’UE.