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27/09/2016

L’UE garde le cap de l’élargissement

Politique

L’UE garde le cap de l’élargissement

EU-Nachbarschaftskommissar Johannes Hahn steht zur Ukraine: Doch die Auszahlung der zweiten Hilfstranche sei an Bedingungen geknüpft. © EC

Le processus d’élargissement de l’UE est toujours à l’ordre du jour après le Brexit, selon le commissaire à l’Élargissement. Un point de vue confirmé par le sommet des Balkans qui s’est tenu à Paris.

Le passage programmé de 28 à 27 États membres n’est pas un signe que l’élargissement de l’Union européenne est en pause, ont affirmé les dirigeants européens lors d’un sommet des Balkans à Paris le 4 juillet.

« Il est important de rappeler que le Brexit ne veut pas dire que l’élargissement de l’Union européenne est fini. En fait, c’est plutôt l’inverse » a affirmé le commissaire européen à l’Élargissement et à la politique de voisinage, Johannes Hahn, lors d’une visite à Paris où se tient le sommet sur les Balkans.

Ce  sommet des Balkans occidentaux – un forum annuel visant depuis 2013  à renforcer  la coopération entre l’UE et les pays balkaniques qui souhaitent l’intégrer, doit permettre aux partenaires de faire avancer leur coopération dans les domaines de  la jeunesse, mais également sur le front des infrastructures.

A cette occasion, les dirigeants européens ont réaffirmé leur volonté de poursuivre le processus d’élargissement à l’Est, en dépit du vote britannique.

« La décision britannique ne remet en aucune façon en cause les engagements qui ont été pris à l’égard des pays de la région des Balkans » a affirmé le président  Hollande dans une déclaration à l’issue d’un sommet. La déclaration du président a toutefois été teintée de prudence sur le calendrier.

>>Lire : Les dirigeants des Balkans s’impatientent

L’Ancienne République yougoslave de Macédoine, le Monténégro, la Serbie, l’Albanie, la Bosnie et le Kosovo ont entamé des négociations d’adhésion avec l’UE. Aau moment de  sa prise de fonction à la tête de la Commission européenne en novembre 2014, Jean-Claude Juncker avait prévenu qu’aucun élargissement n’interviendrait durant les 5 années de son mandat. La question de l’avenir de l’élargissement, pourtant brûlante après le référendum britannique, « ne fait pas partie des sujets, même si l’on ne peut pas nier que le sommet se place dans cette perspective » a  souligné  une source diplomatique française en amont de la réunion.

« Bien entendu l’élargissement aux Balkans n’aura lieu ni aujourd’hui, ni demain, ni après-demain » a averti le commissaire.

>>Lire : La crise politique en Macédoine hypothèque son adhésion à l’UE

Selon Johannes Hahn, il n’y a pas d’opposition politique en Europe à l’élargissement aux pays des Balkans. En France, aucun des deux principaux partis à droite ou à gauche n’a demandé une suspension du processus.  Seule la Turquie est pointée du doigt comme posant problème.

Le mouvement de l’élargissement devrait par ailleurs être soutenu par la nouvelle présidence slovaque, qui a pris les rênes de l’UE le 1er juillet. « Cette présidence est très engagée en faveur de l’élargissement » a indiqué le commissaire.

Pourtant, le processus d’élargissement est aujourd’hui ressenti comme une charge supplémentaire pour l’UE par les citoyens. « Aujourd’hui, les citoyens européens pensent que tout nouvel entrant dans l’UE devient un nouveau fardeau économique » a concédé le commissaire.

Influence russe

La déshérence de l’UE pourrait cependant amoindrir l’intérêt de ces pays, qui ont encore un long processus d’adhésion avant de rejoindre définitivement l’UE. Dont certains pourraient être davantage tentés par un rapprochement économique avec  la Russie

>>Lire : Bisbilles avec les Balkans lors du sommet sur l’immigration

« Il ne faut pas nier l’importance de l’influence russe, notamment en Serbie, mais il ne faut pas non plus la surestimer » a affirmé le commissaire. Selon lui, les Balkans sont commercialement beaucoup plus proches de l’UE que de Moscou.

Le sommet a cependant permis aux dirigeants des pays candidats de réaffirmer leurs aspirations européennes.

« Nous avons beaucoup de travail, d’efforts et d’obligations devant nous mais il me semble que nous avons une perspective sans équivoque en Europe »  a affirmé le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic.

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