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03/12/2016

L’UE réclame près de 340 000 euros à Marine Le Pen

Politique

L’UE réclame près de 340 000 euros à Marine Le Pen

L’Union européenne réclame près de 340 000 euros à Marine Le Pen, somme qu’elle aurait utilisée pour rémunérer deux assistants parlementaires à Bruxelles qui n’auraient en fait travaillé que pour le Front national (FN) en France.

L’organisme antifraude de l’UE (Olaf) a demandé le 2 août au Parlement européen de recouvrer 339 946 euros, somme correspondant aux salaires versés à deux assistants parlementaires de Marine Le Pen, Thierry Légier et Catherine Griset, selon une source parlementaire et une source proche de l’enquête, confirmant une information de Mediapart et de l’hebdomadaire Marianne.

Thierry Légier a perçu ces salaires en 2011 et Catherine Griset de 2010 à 2016.

La présidente du FN « aurait mal utilisé cet argent pour payer deux assistants qui devaient travailler à Bruxelles dans le cadre de l’activité parlementaire, et pas pour autre chose au siège du Front national », a relevé la source parlementaire.

>> Lire : Le Parlement européen s’interroge sur les assistants parlementaires pléthoriques

Le 30 septembre, le Parlement européen a donné quatre semaines à Marine Le Pen pour faire des observations, mais celle-ci n’a à ce jour pas répondu, d’après la source proche de l’enquête.

« Nous n’avons pas répondu au courrier du Parlement, car on ne nous a toujours pas communiqué le rapport d’enquête de l’Olaf », a déclaré à l’AFP l’avocat de Mme Le Pen, Marcel Ceccaldi, ajoutant qu’il déposerait un recours devant la Cour de justice de l’UE pour l’obtenir.

Manœuvres politiques

« Comment peut-on séparer le travail d’assistant d’un député européen et ses activités auprès de la présidente d’un grand parti politique ? Les questions européennes et les questions sociétales françaises comme les flux migratoires ou l’espace Schengen sont intimement liées », a-t-il avancé, dénonçant une « manœuvre » pour « gêner l’action de Mme Le Pen au Parlement européen » et « tenter de lui faire du tort avant la présidentielle » de 2017 en France.

>> Lire : Le Parlement européen s’alarme de financer le Front national

Le vice-président du Front national Florian Philippot a fait des remarques similaires : Mme Le Pen, « elle est en même temps présidente du Front et eurodéputée, que ça plaise ou pas aux eurocrates, aux européistes. Moi je ne sais pas différencier », a-t-il dit sur la chaîne de télévision française BFMTV.

Il a également dénoncé l’« arbitraire » de l’Union européenne, alors que lundi le comité d’éthique de l’UE a estimé que l’ancien président de la Commission José Manuel Barroso n’avait pas violé les règles « d’intégrité et de réserve » de l’UE en acceptant un poste à la banque d’affaires Goldman Sachs.

« Cette Union européenne c’est le règne de l’arbitraire, elle est douce avec les copains, avec les européistes, et elle est impitoyable avec ses adversaires (…), ceux qui mettent en cause son emprise », a dit M. Philippot.

Enquête bouclée

Pour ce qui est de Mme Le Pen, l’Olaf a simplement confirmé avoir bouclé son enquête administrative en juillet.

Le président du Parlement Martin Schulz (social-démocrate) avait saisi l’organisme antifraude en mars 2015 après avoir constaté que la direction nationale du FN reprenait dans son organigramme quatre assistants accrédités, à Strasbourg ou à Bruxelles, et seize assistants locaux, dans les circonscriptions.

Parmi les assistants locaux concernés, dix ont conclu un contrat de travail qui indique comme adresse d’exécution celle du siège du FN, notait à l’époque le Parlement.

Dans un volet séparé, une enquête judiciaire a été ouverte à Paris sur ces soupçons d’irrégularités.

Un dossier similaire concerne le père de Marine, Jean-Marie Le Pen, qui siège au Parlement en tant que « non-inscrit ». L’UE lui réclame 320 026 euros qui lui auraient été « indûment » versés pour rémunérer son assistant parlementaire, Jean-François Jalkh, entre 2009 et 2014.

>> Lire : Le Parlement européen réclame 320 000 euros à Jean-Marie Le Pen