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04/12/2016

L’UE reconnait son échec dans la lutte contre la discrimination des Roms

Politique

L’UE reconnait son échec dans la lutte contre la discrimination des Roms

"Les Roms disent : ça suffit !"

Crédit : [EFE/Archives]

Exclusion sociale, chômage, pauvreté et même famine : voilà ce qui résume le quotidien des Roms dans l’UE, selon l’agence européenne des droits fondamentaux. Un article d’EurActiv Espagne.

« Ce rapport met en lumière une réalité inquiétante et inévitable : la plus grande minorité ethnique de l’UE continue d’être victime d’une discrimination intolérable et d’une inégalité d’accès aux services de base », résume Michael O’Flaherty, directeur de l’Agence européenne des droits fondamentaux (FRA).

30 % des Roms européens manquent d’eau potable, un enfant sur trois vit dans un foyer où il souffre de la faim et seuls 53 % des mineurs reçoivent une éducation primaire.

Les données, recueillies dans la « seconde enquête de l’Union européenne sur les minorités et la discrimination », proviennent d’entretiens avec près de 8 000 Roms et rassemblent des informations sur 33 787 membres de cette minorité dans neuf pays de l’UE.

C’est en Bulgarie, en Croatie, en République tchèque, en Grèce, en Hongrie, au Portugal, en Roumanie, en Slovaquie et en Espagne que vivent cinq des six millions de Roms résidant dans l’UE.

Des politiques qui tournent à l’échec

Environ 80 % d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté, exactement le même pourcentage qu’en 2011, année du sondage précédent. Dans la population globale, les personnes vivant sous ce seuil représentent 17 % de la population.

« Étant donné l’ampleur des ressources investies ces dernières années et le poids des politiques de la Commission, je crois que nous pouvons qualifier cette absence de progrès d’échec », regrette Andrey Ivanov, un des responsables du rapport, qui s’est concentré sur les données et non sur les solutions.

Andrey Ivanov, chef de la section des Roms et de l’intégration des migrants à la FRA, reconnaît qu’il est très difficile de résumer les raisons de ce manque d’avancées, mais qu’il faut tout de même reconsidérer les politiques.

>> Lire : La France poursuit sa politique d’expulsion des Roms condamnée par l’Europe

« Un des indicateurs les plus marquants de ce sondage est celui de la faim : 7 % des personnes interrogées assurent que dans leur foyer au moins une personne a souffert de la faim quatre fois durant le mois précédant l’entretien.

Selon les données collectées auprès de ces personnes, le taux de chômage est de 34 %, et celui de scolarisation, chez les enfants âgés de sept à 14 ans, est de 93 % mais retombe à 52 % chez les jeunes de plus de 15 ans et de 5 % pour les plus de 18 ans.

Par ailleurs, 20 % des élèves roms dans le secondaire ont un niveau inférieur aux autres élèves de leur âge. Même si elle est interdite, la ségrégation des enfants dans les écoles est toujours très fréquente en Grèce, en Hongrie, en Slovaquie et en Bulgarie.

Dans ce dernier pays, 60 % des enfants roms scolarisés entre 6 et 15 ans vont dans des centres où tous leurs camarades de classe sont de la même ethnie.

Quant au logement, un autre grand indicateur du niveau de vie, la situation est très grave en Europe de l’Est et meilleure en Espagne et au Portugal. Ainsi, 67 % des Roms vivant en Roumanie n’ont pas l’eau courante et 65 % des Roms de Bulgarie n’ont pas de toilettes, de douche, ou de salle de bain.