Macron veut refonder la représentativité, y compris européenne

Emmanuel Macron s'est rendu à Strasbourg pour un premier meeting, mais n'a toujours pas déclaré sa candidature à l'élection présidentielle. Foto: dpa

Introduire plus de proportionnelle, quitte à favoriser le FN, et élire des eurodéputés issus d’une liste européenne sur le contingent des élus britanniques : les premières propositions du non-candidat Macron visent à changer la classe politique.

Lors du premier meeting de diagnostic promis sur la société française, Emmanuel Macron s’est attaché à présenter les premiers éléments d’analyse et des pistes de réformes. En évoquant les questions européennes, un sujet plutôt rare dans le débat politique français.

Souvent iconoclaste, au risque d’être taxé de populiste comme récemment par le premier ministre Manuel Valls, l’ex-ministre de l’Économie s’est notamment concentré sur le sujet de la représentation politique, qu’il juge obsolète.

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« Nous avons deux chambres : aucune ne représente fidèlement la société » a-t-il indiqué, estimant qu’il fallait « introduire une dose de proportionnalité, pour permettre une meilleure représentation de toutes les familles politiques » a-t-il affrimé le 4 octobre à Strasbourg.

L’idée, qui servirait aussi sa formation récente En Marche, est souvent soutenue par les plus petits partis, ou les plus jeunes.

« J’ai conscience de la responsabilité que nous prenons. Nous allons faire entrer le FN dans la représentation du pays »,  a-t-il précisé, tout en estimant que la méthode qui consistait à tenir en marge de la représentation le parti n’avait pas répondu au problème.

« Nous avons considéré qu’il fallait mieux casser le thermomètre pour ne pas le voir » s’est-il indigné, tout en rappelant que l’introduction de la proportionnelle servirait aussi les intérêts de la gauche radicale, des Verts, des centristes.

Des eurodéputés britanniques remplacés par les élus d’une liste européenne

Emmanuel Macron veut aussi s’attaquer à la représentation européenne, jugée bien lointaine des citoyens, notamment parce que le scrutin européen est le plus souvent nationalisé, plutôt que de se jouer à l’échelle européenne, sur des enjeux européens. Pour ce faire, En Marche souscrit à une idée émise par Daniel Cohn-Bendit : celle d’utiliser le contingent de parlementaires britanniques pour en faire des parlementaires élus sur un scrutin de liste paneuropéen.

Une étape essentielle, selon Macron, pour « faire vivre cette démocratie européenne, lui donner une assise et une vitalité ».

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Mais il ne s’agirait que d’une étape. Macron rêve en effet d’envoyer ses « marcheurs », ceux qui viennent de sonder 300.000 Français en porte-à-porte depuis 3 mois, dans toute l’Europe. Selon lui, la refondation de l’Europe ne doit pas se décider dans un «  énième conclave secret qui devra décider du futur de l’Europe. Ou alors nous laissons la vitalité démocratique aux extrêmes » assure-t-il. En Marche propose d’organiser des conventions démocratiques dans tous les pays d’Europe, pour établir les principes d’une vision partagée de l’Europe.

« On ne demandera pas aux gens leur avis sur une Europe qu’ils ne veulent plus, mais on engagera les citoyens dans cette aventure » assure l’homme politique, qui s’est déjà prononcé en faveur d’un referendum global réalisé au niveau européen, alors que de nombreux candidats souhaitent un referendum sur l’Europe dont l’issue risque d’être dangereuse.

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« Notre Europe doit être refondée, c’est une question d’adhésion démocratique » a-t-il insisté, un thème récurrent dans son propos. « C’est une question d’hygiène de la vie politique, il faut mieux consulter, expliquer, et ensuite évaluer les décisions et les lois adoptées »

L’ex-ministre s’est aussi livré à une attaque en règle de Sarkozy, sans le nommer, en s’indignant qu’un candidat puisse se présenter à la mandature suprême avec un casier judiciaire ou des mises en cause dans des procédures judiciaires, alors que le moindre fonctionnaire ne doit pas en avoir.