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04/12/2016

La présidence maltaise se prépare à affronter la tempête

Politique

La présidence maltaise se prépare à affronter la tempête

Une tempête se lève sur la Valette [Chris Brown/Flickr]

[Chris Brown/Flickr]

Le vice-premier ministre de Malte, Louis Grech, a déclaré aux ambassadeurs européens le 9 novembre que l’Union était mise à l’épreuve .

La petite île de Malte sera à la tête de la présidence tournante de l’UE au premier semestre 2017. Une période qui s’annonce semée d’embûches : le Royaume-Uni devrait invoquer l’article 50 en mars, et les Français et les Néerlandais éliront de nouveaux dirigeants.

Le Premier ministre maltais, Louis Grech, estime qu’il était grand temps de s’attaquer concrètement à la complexité de l’Union européenne et aux incertitudes, peurs et inégalités ressentis par les citoyens.

La victoire de Donald Trump aux États-Unis risque d’encourager les populistes anti-européens dans le nord de l’Europe et les mouvements d’extrême gauche antilibéraux au sud du continent.

Le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans a récemment déclaré que le projet européen pouvait échouer.

>> Lire : Timmermans : « Le projet européen peut échouer ! »

Ces sept dernières années, l’UE a vécu les situations les plus difficiles depuis sa création par les six pays fondateurs il y a 60 ans.

« Notre présidence essaiera de redonner espoir pour restaurer la confiance dans les institutions européennes. Il faut trouver un équilibre. Il n’existe pas une seule solution globale », a déclaré Louis Grech au Parlement la semaine dernière.

Le Royaume-Uni invoquera l’article 50 du traité de l’UE en plein milieu de la présidence maltaise, a-t-il rappelé, et ce sera un véritable défi.

Louis Grech a insisté sur le fait que l’immigration, la sécurité et le marché interne seraient les priorités de la présidence maltaise. L’inclusion sociale et la politique de voisinage figureront aussi en bonne place pour lutter contre le malaise politique et social qui se répand à travers l’Europe.

Dans une récente interview, Frans Timmermans a affirmé que le contrat social de l’Europe avait été rompu. La mobilité sociale appartient au passé et nous avons laissé nos jeunes citoyens sur le bas-côté, a-t-il regretté tout en appelant à des mesures urgentes pour sauver l’Union européenne.

La crise économique, le Brexit, la migration, la sécurité et le terrorisme ont « traumatisé » le projet européen, a souligné le Maltais. Le petit pays méditerranéen sait que pour assurer la poursuite effective du projet européen et pour surmonter à l’impact clairement négatif du Brexit, il devra se concentrer sur les besoins fondamentaux des citoyens européens.

« Les problèmes auxquels fait face l’UE ne doivent pas nous empêcher de poursuivre l’agenda européen, mais doivent plutôt nous fournir la dynamique nécessaire à la construction d’une Europe plus forte, plus compétitive et sociale », a assuré Louis Grech.

Le secrétaire parlementaire pour la présidence 2017 de l’UE et les fonds européens, Ian Borg, a déclaré que Malte avait gagné en crédibilité en communiquant ouvertement et honnêtement sur les lacunes de l’Europe, mais aussi en cherchant des moyens concrets de montrer l’effet positif que peuvent avoir certaines décisions sur la vie des gens.

En réalité, la stratégie maltaise consiste à faire de la communication une importante plateforme de sa présidence, a expliqué Ian Borg.

Ce dernier fait ainsi référence à la célébration du 60ème anniversaire de la signature du traité de Rome en mars prochain. Une occasion de célébrer le passé et de définir ensemble l’avenir européen.

La Valette a intégré le slogan du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker lorsqu’il a pris ses fonctions, qui était « la Commission de la dernière chance ». En effet, Malte compte travailler sans relâche sur les dossiers qui unissent les États membres et rapprochent l’Union de ses citoyens.