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04/12/2016

Theresa May défend sa place à la table du Conseil européen

Politique

Theresa May défend sa place à la table du Conseil européen

Theresa May

La Première ministre britannique, Theresa May, a prévenu ses homologues européens que le Royaume-Uni ne se contenterait pas de tamponner les accords négociés entre les États membres qui se rencontreront à 27.

Lors de son premier Conseil européen, Theresa May a affirmé que tant que le Royaume-Uni était un membre à part entière de l’UE, il voulait un siège à la table des négociations sur l’avenir du bloc.

La Première ministre s’est exprimée durant une discussion sur la politique d’immigration et sur la zone Schengen. Les initiatives présentées avaient déjà été discutées durant une réunion informelle des 27 États membres à Bratislava, suite au vote du 23 juin.

Des sources proches du Conseil ont déclaré que l’ambiance était « conviviale » et que certains dirigeants avaient un « sentiment de culpabilité » vis-à-vis de la réunion de Bratislava.

Personne n’a néanmoins suggéré que les 27 ne continueraient pas à se réunir en sommets plus restreints et Theresa May ne leur a pas demandé d’arrêter.

>> Lire : Direct : Migration, commerce et Russie au programme du sommet

Les Britanniques s’inquiètent de l’articulation entre la formulation de la feuille de route de Bratislava, qui a été faite à 27, et sa mise en application, qui est pour les 28 États membres, a indique une source. « Concrètement, personne ne s’oppose à cela. Les 27 ne peuvent pas s’accorder sur quelque chose que le Royaume-Uni ne ferait que signer. »

Personne parmi les autres dirigeants européens n’a répondu aux commentaires de Theresa May.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk aurait dit à la Première ministre que les réunions à 27 allaient continuer. Une d’elles est déjà prévue en janvier à Malte.

La Commission européenne a répété à maintes reprises que le Royaume-Uni resterait un membre à part entière de l’UE, avec ses droits et ses obligations, jusqu’à son départ officiel du bloc.

L’UE à 27 ne peut donc pas prendre de décisions juridiquement contraignantes de la même façon que lorsque le Conseil est au complet.

Pression de la France 

En arrivant au Conseil, le président français, François Hollande, a mis la pression sur Theresa May. « Si [elle] veut un Brexit radical, les négociations seront ra», a-t-il prévenu.

Certains chefs d’État ont mal pris le discours de Theresa May lors de la conférence du parti conservateur, où elle a appelé à des contrôles de l’immigration plus stricts.

Certains États membres ont admis que le discours était politiquement nécessaire pour pouvoir contrôler l’aile eurosceptique de son parti, forte de son succès lors du vote sur le Brexit.

>> Lire : Hollande défend une ligne dure pour le Brexit

Plus tard dans la soirée, après le diner et autour d’un café, Theresa May a exposé sa vision du Brexit. Elle a déclaré que puisque le Brexit était irréversible, il était indispensable que l’UE et le Royaume-Uni travaillent ensemble pour garantir une sortie qui soit dans les intérêts des deux parties.

« Il n’y aura pas de discussions avant que l’article 50 ne soit déclenché, donc il n’y a pas eu de discussions », a plus tard assuré Donald Tusk.

Theresa May a rappelé que le Brexit devait être dans le meilleur intérêt de la Grande-Bretagne, mais qu’il ne devait pas se faire au détriment du reste de l’UE, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel.

« Je pense que dans la pratique, les négociations ne seront pas de tout repos, mais ce qu’elle a dit aujourd’hui est bien », a-t-elle estimé, après avoir reconnu que la Première ministre britannique n’avait pas dit grand-chose de nouveau. « Le message que nous avons entendu aujourd’hui, selon lequel la Grande-Bretagne continuera d’être un membre de l’UE [jusqu’à sa sortie] est très satisfaisant. »

Juncker et Syrie

Theresa May rencontre le vendredi 21 octobre le président de la Commission, Jean-Claude Juncker pour faire connaissance.

Elle devrait aussi tenir une conférence de presse vers 13h, après la clôture du Conseil européen.

En entrant à son premier sommet européen, Theresa May a adopté un ton différent de son prédécesseur David Cameron, qui avait pour habitude de dire aux caméras qu’il se trouvait à Bruxelles pour conclure le meilleur accord qui soit pour le Royaume-Uni.

Au lieu de cela, Theresa May a souligné la nécessité d’une réponse unie et forte à la campagne de bombardements russes en Syrie. « Nous devons adopter une position forte et unie face à l’agression russe », a-t-elle déclaré.

« Nous devons continuer à collaborer pour faire pression pour que Moscou cesse ses atrocités épouvantables et écœurantes en Syrie. »

>> Lire : L’Allemagne et la France haussent le ton face à Moscou

Hier soir, il semblerait qu’elle soit parvenue à atteindre son objectif. Des sources ont déclaré que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne avaient fortement fait pression pour que les conclusions du Conseil intègrent des sanctions contre la Russie à l’avenir.

« Les bombardements à Alep sont du mépris face aux principes de l’humanité et nous ne pouvons accepter cela », a estimé Angela Merkel. « Face à cela, nous allons devoir prendre des mesures. Nous n’excluons pas des sanctions supplémentaires. »