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24/01/2017

Merkel juge la question des migrants plus préoccupante que celle de la Grèce

Politique

Merkel juge la question des migrants plus préoccupante que celle de la Grèce

Une touriste espagnole face à des migrants arrivant sur l'île de Kos en Grèce [Reuters]

La chancelière estime que le sujet des migrants doit être pris en charge sérieusement au niveau européen. Le Haut commissariat aux réfugiés a qualifié la situation des migrants échoués dans les îles grecques d' »absolument honteuse ».

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé dimanche que la question des migrants dans l’UE, confrontée à une crise humanitaire sans précédent, allait occuper les Européens « bien plus que la Grèce et la stabilité de l’euro ».

« Cette question de savoir comment nous agissons avec les migrants (…) va nous occuper bien, bien plus que la Grèce ou la stabilité de l’euro », a jugé la dirigeante conservatrice sur la chaîne publique de télévision ZDF.

Le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU a appelé vendredi à une action d’urgence devant l’afflux de réfugiés en Europe, qui fait face à la plus grave crise dans ce domaine depuis la Deuxième guerre mondiale.

« Nous avons besoin d’une politique commune européenne en matière d’asile », a-t-elle insisté, à un moment où l’Allemagne aussi est débordée par le flot des demandeurs d’asile, dont le nombre pourrait, selon certains responsables politiques, dépasser les 600.000 cette année et constituer ainsi un record.

La chancelière a indiqué vouloir s’entretenir du problème avec le président français François Hollande.

La situation en Europe, notamment en Allemagne, où les migrants sont souvent hébergés sous des tentes ou dans des conteneurs d’habitation, « n’est absolument pas satisfaisante », pour la chancelière.

Mme Merkel s’est insurgée contre les agressions racistes dont sont victimes certains réfugiés et dont le nombre a fortement augmenté en un an, dépassant déjà les 200 depuis le début de l’année. « Ce n’est pas digne de notre pays », a-t-elle noté.

La chancelière a souhaité que l’établissement d’une liste de pays dits sûrs, c’est-à-dire où les citoyens ne sont pas persécutés, soit effectué si possible au niveau européen.¨

Parmi les migrants arrivant en Allemagne figurent de nombreux ressortissants des pays des Balkans qui ne peuvent pas obtenir le statut de demandeur d’asile et cherchent surtout un avenir économique meilleur que dans leurs pays d’origine.

L’Allemagne étudie actuellement les moyens d’accélérer les procédures pour ces ressortissants afin de se consacrer davantage aux réfugiés ayant besoin d’une aide, comme les Syriens, les Irakiens et les Afghans.

La thématique de l’asile « pourrait être le prochain projet européen où nous verrions si nous sommes vraiment capables d’agir ensemble », a-t-elle plaidé.

Le HCR a à cet égard qualifié d’ « absolument honteuse » la situation des migrants et des réfugiés qui débarquent en masse sur les îles grecques en provenance de Turquie.