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03/12/2016

Tsipras dénonce l’inefficacité de l’OTAN en mer Egée

Politique

Tsipras dénonce l’inefficacité de l’OTAN en mer Egée

Le Premier ministre grec a contacté le secrétaire général de l’OTAN pour se plaindre de l’inefficacité de l’opération en mer Égée. Un article d’EurActiv Grèce.

Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, a appelé le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, le 23 mars, pour exprimer son mécontentement, selon la presse grecque. En effet, malgré l’opération de l’alliance en mer Égée, le nombre de migrants arrivant sur les îles grecques depuis la Turquie ne faiblit pas.

Après deux jours d’application de l’accord UE-Turquie, au moins 1 660 réfugiés avaient encore atteint les rivages grecs depuis la Turquie. Selon les dernières données, 49 560 migrants sont sur le territoire grec, pour la plupart dans le nord (28 061).

>> Lire : Des ONG quittent la Grèce pour dénoncer l’accord UE-Turquie

Outre l’accord UE-Turquie, depuis, l’OTAN a pour mission de récolter des informations sur la circulation des bateaux transportant migrants et réfugiés de la Turquie, ainsi que les mouvements des passeurs. Ces données sont ensuite transférées aux garde-côtes grecs et turcs et à l’agence Frontex. Ce système devait permettre une meilleure gestion de la crise, mais on ne sait pas si l’organisation a transmis de nouvelles informations sur les opérations des trafiquants.

Selon les médias grecs, le Premier ministre serait contrarié parce que l’opération de l’OTAN ne produit pas les résultats escomptés. Jens Stoltenberg aurait répondu qu’il était trop tôt pour tirer des conclusions de l’efficacité de la mission.

>> Lire : L’OTAN part à la chasse aux trafics en mer Egée

Doutes sur le rôle exact de la mission

Dans une interview avec Skai TV, l’amiral James Stavridis, ancien commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR), a marqué son accord avec le point de vue de Nikos Kotzias, le ministre des Affaires étrangères, qui a expliqué que le rôle de l’OTAN serait presque exclusivement de faire de la supervision.

« La bonne nouvelle, c’est que les informations récoltées grâce à cette surveillance seront transférées à tous les hotspots de Grèce. Nous serons donc mieux préparés. Je ne pense cependant pas qu’il y aura un vrai impact opérationnel au-delà de cette surveillance. Malheureusement », a expliqué James Stavridis.

Marc Pierini, du groupe de réflexion Carnegie Europe, avait également déclaré que l’opération de l’OTAN aiderait les alliés occidentaux à surveiller les opérations des autorités turques contre les trafiquants. Pour lui, cette mission est donc inutile. Il préconise une opération terrestre contre les trafiquants en Turquie.

>> Lire : La Turquie hésite à lutter contre l’activité lucrative des passeurs

Contacté par EurActiv Grèce, un représentant de l’OTAN a confirmé qu’une conversation téléphonique avait eu lieu, mais a refusé de parler de son sujet.

« Le secrétaire général de l’OTAN s’est entretenu avec le Premier ministre hier, mais nous ne pouvons pas vous donner de détails sur cette conversation », a-t-il déclaré.

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