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02/12/2016

Nicolas Sarkozy publie un livre sous forme de mea culpa

Politique

Nicolas Sarkozy publie un livre sous forme de mea culpa

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Dans un ouvrage à paraître lundi 25 janvier, l’ancien président de la République regrette de n’avoir pas réformé les 35 heures ou les charges sociales durant son mandat.

« 35 heures, bouclier fiscal, ISF, campagne « décevante » de 2012 : Nicolas Sarkozy concède avoir commis des «erreurs» durant son quinquennat, dans un livre « La France pour la vie » (Plon), à paraître lundi, dans lequel il avance également des propositions pour « redresser » la France.

Dans cet ouvrage obtenu jeudi soir par l’AFP, M. Sarkozy a choisi de mettre en exergue une citation de Confucius, censée traduire l’état d’esprit qui l’a animé pour l’écriture de cet ouvrage. «L’archer est un modèle pour le Sage. Quand il a manqué le milieu de la cible, il en cherche la cause en lui-même».

La défaite de 2012 « me conduit à analyser ce que j’aurais dû faire différemment, à la fois dans la conduite des réformes et dans l’exercice de la fonction présidentielle », reconnaît l’ex-chef de l’État.

« Aujourd’hui, je regrette d’avoir retardé des réformes qui auraient dû être engagées dès les premiers jours de mon quinquennat », affirme-t-il, à propos notamment de « la baisse des charges », qui aurait dû être « plus immédiate et plus forte ».

« J’aurais également dû aller au bout de deux sujets plutôt que de les contourner : les 35 heures et l’ISF ». Autres «erreurs» : l’exonération fiscale des heures supplémentaires et le bouclier fiscal, qui, « pour habile qu’il fut d’un point de vue technique, (l)’a exposé à un coût politique ». Ça a été « un raté de communication grave ».

M. Sarkozy regrette également avoir « cédé à la colère » au Salon de l’agriculture (il avait lancé « casse-toi pauvre con » à un homme qui l’avait insulté), et être parti en vacances tout de suite après son élection sur un yacht (celui de son ami Vincent Bolloré).

La campagne de 2012 fut « décevante quant aux débats de fond », écrit-il également.

À propos de l’affaire Bygmalion, qui vaut à plusieurs de ses proches d’être mis en examen, le président des Républicains affirme : « on aura sans doute du mal à le croire. C’est pourtant, je le jure, la stricte vérité : je ne connaissais rien de cette société jusqu’à ce que le scandale éclate ».

Le livre, composé de dix chapitres d’une lecture fluide, alterne les réflexions personnelles – « les deux années qui ont suivi mon départ ont été heureuses (…) Force m’est de reconnaître que cet échec de 2012 m’a apaisé » – et les propositions de fond.

« Ce livre n’est pas une déclaration de candidature à la prochaine élection présidentielle. Il est trop tôt » mais « tout dire avant le grand rendez-vous de 2017 pour tout faire après, telle est bien, me semble-t-il, la seule stratégie possible pour être à la hauteur des défis qui attendent la France », explique M. Sarkozy.

Pour que « l’alternance ait lieu – si ce n’est pas nous, ce sera, hélas, la présidente du Front national » – l’ancien président avance ce qui apparaît quand même comme une trame d’un futur projet : Europe, immigration, fiscalité, retraite (« première étape à 63 ans dès 2020 », « 64 ans en 2025 »)… « Ce sont le travail et les entreprises qui redresseront la France », affirme-t-il.

Finalement, il ne reviendra pas sur le mariage homosexuel, comme il l’avait annoncé pendant sa campagne pour la présidence de l’UMP : « il ne saurait être question de démarier les mariés, ce serait injuste, cruel et en outre juridiquement impossible ».

« Au risque d’être à contre-courant, je veux dire mon opposition au mandat unique », écrit-il également.

L’ex-chef de l’État assure également n’avoir « ni amertume, ni détestation envers (s) on successeur » François Hollande, « aucun compte à régler, aucune vengeance à assouvir ».