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05/12/2016

Paris demande à Barroso de « renoncer » à Goldman Sachs

Politique

Paris demande à Barroso de « renoncer » à Goldman Sachs

Barroso_CREDITDG-EMPL_Flickr

La France a demandé « solennellement » à l’ancien président de la Commission européenne de « renoncer » à travailler pour la banque Goldman Sachs, et à Bruxelles de changer ses règles applicables aux anciens commissaires.

« M. Barroso fait le lit des anti-européens. Je l’appelle donc solennellement à renoncer à ce poste », a déclaré le secrétaire d’État aux affaires européennes Harlem Désir devant les députés français.

L’ex-Premier ministre portugais (2002-2004) qui a présidé la Commission de 2004 à 2014 a été engagé par la banque d’affaires américaine pour la conseiller dans le contexte du départ annoncé du Royaume-Uni de l’Union européenne.

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Cette embauche « est particulièrement scandaleuse, compte tenu notamment du rôle joué par cette banque dans la crise financière de 2008, mais aussi du trucage des comptes publics de la Grèce », a estimé le responsable socialiste.

« Moralement, politiquement, déontologiquement, c’est une faute de la part de M. Barroso, c’est le pire service qu’un ancien président d’une institution européenne pouvait rendre au projet européen, à un moment de l’histoire où il a au contraire besoin d’être soutenu, porté et renforcé », a-t-il ajouté.

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Le secrétaire d’État a également demandé à Bruxelles de changer le « code de conduite », selon lequel les commissaires doivent, dans les 18 mois suivant la fin de leur mandat, demander une autorisation à leur ancien employeur avant de pouvoir rejoindre un groupe privé, mais qui ne prévoit rien au-delà.

« Il faut étendre la durée d’interdiction à être embauché par une entreprise privée, élargir les incompatibilités, renforcer les contrôles », a commenté Harlem Désir.

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« Il pourrait y avoir un organe indépendant au sein duquel serait représenté le Parlement dans toute sa diversité et des juristes internationaux pour évaluer les conflits d’intérêts et interdire ce genre d’embauche », a-t-il suggéré.

La nomination de M. Barroso a été vivement critiquée, notamment en France et au Portugal. Le secrétaire d’État français au Commerce extérieur Mathias Fekl avait déjà qualifié M. Barroso de « représentant indécent d’une vieille Europe ».