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24/01/2017

Podemos s’essouffle, mais reste en tête dans les sondages

Politique

Podemos s’essouffle, mais reste en tête dans les sondages

Podemos est-il un parti « social-démocrate » ? Oui, répond Pablo Iglesias, son dirigeant.

[Ministerio de Cultura de la Nación Argentina/Flickr]

Podemos arriverait de peu en tête si des élections législatives, prévues à la fin de l’année, avaient lieu maintenant en Espagne. Ce nouveau parti de gauche anti-austérité a toutefois reculé ces derniers mois en faisant quasiment jeu égal avec les deux grands partis traditionnels, le PSOE et le Parti populaire.

Podemos (« Nous pouvons ») arriverait de peu en tête si des élections législatives, prévues à la fin de l’année, avaient lieu maintenant en Espagne. Toutefois ce nouveau parti de gauche anti-austérité a quelque peu reculé ces derniers mois en faisant quasiment jeu égal avec les deux grands partis traditionnels, le PSOE et le Parti populaire. Selon un sondage de l’institut Metroscopia que publie le journal El Pais dans son édition dominicale, Podemos est crédité de 22,1% des intentions de vote et les socialistes du PSOE, qui regagnent un peu de terrain par rapport au précédent sondage, le talonnent avec 21,9%.

>>Lire: Podemos réussit sa percée en Andalousie

Le Parti populaire (PP, conservateurs au pouvoir) viennent ensuite en troisième position avec 20,8%, suivis par Ciudadanos (Citoyens), nouvelle formation de centre droit qui n’a cessé de progresser ces derniers mois et qui se voit créditer de 19,4%. Le sondage de Metroscopia a été réalisé du 7 au 9 avril sur la base d’un échantillon de 1.000 personnes.

Une percée en Espagne

Podemos et Ciudadanos ont enregistré des gains conséquents lors des élections de mars en Andalousie, où le PSOE et le PP sont arrivés respectivement premier et deuxième, quoique avec des scores moindres qu’aux précédentes élections en 2012. Podemos avait surpris en remportant cinq sièges au Parlement européen en mai dernier, quelques mois seulement après sa création, illustrant à quel point les Espagnols commençaient à se détourner des partis établis.

>>Lire: Le jeu politique espagnol se complexifie autour de quatre partis

Propulsés par ce ras-le-bol populaire dans un pays où le chômage touche plus d’un Espagnol sur cinq, de petits partis comme l’anti-libéral Podemos et son rival de centre-droit Ciudadanos font campagne contre la corruption et menacent donc l’hégémonie des deux partis traditionnels, les conservateurs du Parti Populaire, actuellement au pouvoir, et le PSOE qui les y avaient précédés.

Une corruption systémique?

L’Espagne a souffert d’une « corruption systémique » depuis la fin de la dictature franquiste et jusqu’à ce qu’aujourd’hui les citoyens exaspérés réclament un changement, dénonce Baltazar Garzon, qui fut une vedette des juges d’instruction espagnols. « Dans toutes les facettes de la vie publique et privée en Espagne, des affaires ont montré que le phénomène de la corruption a pénétré et imprégné chacune de nos institutions et que les réponses ont été insuffisantes », a-t-il affirmé en présentant cette semaine son dernier livre: « La fange, 40 ans de corruption en Espagne ».

Son livre de 500 pages se présente comme une encyclopédie de la corruption basée sur des enquêtes et des décisions judiciaires, des analyses d’experts et des études d’organisations internationales ou d’ONG. Il décortique 60 affaires qui forment une chronique noire de la vie politique, économique et sociale du pays depuis la dictature de Francisco Franco (1939-1975) à nos jours, touchant non seulement les politiques mais la banque, l’Eglise, la police, la justice, les médias et jusqu’à la famille royale. « La corruption est systémique en Espagne ou l’a été, bien que ces derniers temps soit apparue une possibilité de s’indigner et de ne plus transiger, suite à la crise économique qui frappait les citoyens pendant qu’éclataient de véritables scandales dans la finance, la banque, l’économie et les grandes fortunes », a-t-il déclaré.

Cet article a initialement été publié sur le site de Latribune.fr